Nouvelle éclair pour vous parler du site, et du disque, RadioDread, dans lequel des artistes pratiquant le reggae bob-marley-en reprennent à leur façon des succès de Radio-Tête (Radiohead, eh!)

Après les Rock-a-lullabies (qui feront l’objet d’un autre texte, quand je l’aurai écrit) la enième reprise des hits du groupe têtu (têtu!! quel humour!) mène à croire qu’il est comme genre, un groupe culte.

Malgré tout, c’est bien amusant. Nota pour Karma Police. Sé bon ^^.

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Je ne savais pas trop où classer ce roman de Jean-Marie Gustave Le Clézio.
Si vous voulez une introduction moche, je dirai que c’est une biographie du couple de peintres Diego Rivera et Frida Kahlo.

Mais si vous voulez vraiment avoir une idée du portrait que nous raconte Le Clézio, je devrai parler de roman et de poésie.
Parce qu’en fait, c’est avec passion qu’il nous parle de la vie de ces deux peintres d’un génie un peu fou, de leur couple, à partir de leur enfance jusqu’à leur mort. Il fait carrément revivre le Mexique des années 20, le Mexique révolutionnaire, tout juste à l’aube de la Révolution russe. Sa mise en contexte n’en est pas une, car c’est en fait à travers elle, par et pour ce Mexique que Diego et Frida ont créé, jusqu’à bouleverser son paysage artistique et son identité culturelle.

Je n’ai jamais lu de biographie (hum, j’en ai lu très peu, je dois l’avouer) racontée avec autant d’ardeur et de poésie. Il fait de leur vie un hymne, nous la rend accessible, nous permet de plonger à l’intérieur de leur amour, de comprendre leur attachement à leur terre, leurs racines indigènes, leur art et la révolution.
Tout au long de la lecture des parallèles magnifiques sont établis avec leurs oeuvres respectives.

On dirait qu’il les a connuEs. Et ça me donne l’impression que seulE unE artiste peut raconter de façon aussi personnelle et poétique unE autre artiste.

*

Et ce n’est pas du tout kitsh, comme on pourrait être tenté de le croire en lisant ce résumé.

Vous avez une envie folle de lire un classique de la littérature française?
Ou un incontournable de la science-fiction?
Une pièce de théâtre à ne pas manquer?
Du fantastique essentiel à sa connaissance littéraire?
Un policier vital?

Mais ne savez que lire, ni comment vous diriger dans cette mer de possibilités?

Eh bien, j’ai pour vous le livre le plus incroyable!

La bibliothèque idéale présentée par Bernard Pivot. Mais il est très cher. Je vous propose donc ce site.
La liste, mais pour gratis.
Évidemment, dans le livre il y a des courts résumés des quarante-neuf livres se trouvant dans chacune des quarante-neuf catégories. (Ça n’en fait des livres, han!) Ce livre est une véritable bible. Qu’il faut tout de même prendre à la légère! 😉

Aucun auteur ne se retrouve deux fois dans la même catégorie.
Mais il peut apparaître dans plusieurs sections.

Bref, des heures de plaisir à surligner les livres déjà lus!
Et aussi se plaindre «argh, mais c’est son autre classique que j’ai lu!» «Dire que je l’ai lu pour rien» héhé

Enjoy!

En fan finie de Google, je me suis récemment tapé le livre « 55 Ways to Have Fun With Google » du – il paraît – populaire bloggeur Philipp Lenssen (Google Blogoscoped).

Pour tout dire, ce livre marque une avancée pour moi en matière de geekness et d’attachement à la technologie: c’était la première fois que je lisais un livre complet en .pdf. Ouh!

55 Ways, 55 de son petit nom, raconte, en 55 chapitres, une cinquante-cinquaine de moyens de s’amuser ou bien de se servir de façon intelligente (et pratik) du moteur dominant de la planète. On y découvre des petites histoires sur Goo, des trucs de recherche, des divagations sur l’avenir, des jeux et des random facts drôles (ou pas).

Il serait plutôt vain de résumer le bouquin, puisqu’il est disponible pour vous gratos en cliquant sur ce lien, et que la table des matières que vous découvrez dans le fichier est plutôt révélatrice (pas toujours, mais bon hein!) Par contre, j’ai ressorti les trucs draulll LOL ROFLCOPTER TOL HAHA sur quoi j’ai flashé pour vous les faire voir dans le bonheur du cui-cui.

1. The President of the Internet.
De la même façon qui fait que mouton insignifiant a autrefois mené sur la biographie officielle de Jean Charest, les mots President of the Internet mènent vers la page de celui-celle qui est président-e de l’internet au moment de la recherche.

Le président est donc (pour le moment).. Dan James. Go mon Dan, t’es capable! Fais nous une présidence d’enfer!

Dan James - President of the Internet

2. Recettes
Faim? Des petits pois et du caramel dans votre congélateur? Incapable de voir un lien entre ces deux ingrédients? À l’aide de l’opérateur inurl, vous pouvez chercher ces deux ingrédients dans une même page à l’intérieur de sites précis de recettes (pour pas tomber sur un site douteux d’admirateurs des pois au caramel..)

Ça marche comme ça: pois caramel (inurl:recettes.com | miammiam.ca | oyeespanolcocina.es | macdonalds.com)

Le résultat de cette recherche est plutôt poche, probablement parce que pois et caramel: hurk! (et aussi parce que les sites de recette sont des sites ficitfs..), mais, en général, vous devriez y arriver et c’est franchement pratique.

3. Bleh Bleh.
En fait, en re-regardant la table des matière de ce livre sympa, j’ai redécouvert plein de trucs drôle dont je pourrais vous parler. Comme ça trouvez: des tours de magie (cliquez sur le fond de la page et pouf! plus de o dans google), google fight et des trous jusqu’à la fin du monde.

Au final, par contre, je n’ai vraiment pas envie de ré-écrire le livre, alors je ne peux que vivement vous reccomander d’aller le chercher et d’au moins jeter un oeil sur la table des matière. J’ai trouvé cette lecture plutôt amusante (j’ai sauté par-dessus les moments où ce l’était moins ^^) et parfois même très pratique (comme pour la partie avec les recettes).

Merci go-gle. Again.

(ne manquez pas non plus le blog officiel de google. souvent très intéressant!)

Après la quarantaine, la reconstruction.
Après la reconstruction, l’habitation.

Mais 28 semaines ne semblent pas suffisant pour éradier le virus de la rage.
Et le virus est plus sauvage, plus rapide, plus dangereux.

La survie est-elle possible?

Embrasser un contaminé n’est jamais une bonne idée.
La salive, le sang.

Très violent.
Mais aussi dénonciateur.
La présence de l’armée. Pour protéger, mais aussi pour détruire.
Un parallèle avec l’Irak?

La destruction est totale.
Ou presque…

À voir, seulement si vous avez aimé 28 jours plus tard.

***

Puisque j’étais au ciné-parc, c’était donc un programme double. Le visage de la peur. À chier. Tout simplement.

***

Si quelqu’un réussit à me trouver des désavantages au ciné-parc, je vais être surprise. (Mis à part l’usage de l’automobile parce que tu peux bien y aller avec une bicyclette et une radio…;))

Les avantages :
-Parler pendant tout le film sans déranger personne
-Parler au téléphone
-Apporter sa propre bouffe
-Fumer
-Boire de l’alcool
-Faire du sexe
-Dormir
etc.

Oui, oui, j’ai fini ce monument de la littérature.
J’ai lu les 1544 pages (en point 8!) d’un bout à l’autre.
Captivée.

Au début, j’avais peur.
La grosseur du roman, oui.
Le genre d’écriture, un peu. (Oui, je sais Monsieur Léon a écrit pour le peuple.)
Mais surtout, le nombre de personnages!
Finalement, je m’en suis sortie indemne.

Tout se déroule comme un charme:
Les années passent.
Les aventures amoureuses.
La(es) guerre(s) contre Buonaparte.
Les personnages.
Construction complexe.
Image parfaite.
Pas d’idéal.
Pas d’anti-héros.
Seulement des gens bien ordinaires avec une personnalité bien réelle.
Que ce soit, Natacha, Sonia, Pierre, André, Petia, Nicolas, Maria l’attachement se crée rapidement.
Et ça faisait longtemps que je n’avais pas vécu cela aussi intensément!

N’attendez plus pour le lire, même si c’est seulement pour vous vantez de l’avoir lu!
Et après, plus aucun roman ne vous fera peur!

On va faire une petite expérience, d’accord? Levez-vous, allez chercher un grand verre et remplissez-le de lait. (De toute façon, le lait c’est bon et ça ne peut pas faire de mal à votre dentition.) Si vous n’êtes pas chez vous, eh bien, utilisez votre imagination. Ensuite, contemplez le liquide blanc sous vos yeux. Essayez d’imaginer qu’on vous plonge la tête dans ce lait, mais que vous ne pouvez fermer les yeux. Vous voyez tout blanc, d’un blanc lumineux, pur. Vous fermez les yeux et tout est encore blanc.
Vous êtes aveugle. Vous ne voyez rien, vous voyez blanc.

C’est ce qui arrive subitement èa un homme bien ordinaire qui attendait que le feu de circulation tourne au vert, un matin, dans sa voiture. (Bon, certains diront que ce n’était que sa juste punition pour avoir utilisé son auto sans faire de covoiturage…) C’est de cette façon que commence L’Aveuglement, un roman de José Saramago. On découvre que cette cécité, le  »mal blanc », est contagieux, il se répand rapidement dans la population, transmi par le  »regard » des aveugles. Réaction classique des dirigeants? On isole les aveugles dans un asile désafecté, puis dans plusieurs, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une seule personne possédant encore la vue. Sauf une. Une femme d’ophtalmologue, qui va guider un petit groupe jusqu’à la fin de cette crise.

Dit comme ça, ça paraît presque sympathique. Le blanc c’est bien, c’est propre, lumineux. C’est toujours mieux que noir, non?
En fait, il s’agit du récit de la déchéance humaine, de sa chute vers les bassesses les plus effrayantes. C’est l’omniprésence de la violence, mais aussi celle des déchets, de la merde (oui, carrément!) et des morts qui s’entassent un peu partout. C’est dégoûtant, horrible et pourtant… c’est réaliste. Ça n’étonne pas, mais ça décourage.

Mais.

Mais c’est aussi le récit du meilleur de l’Homme, de son sens incroyable de la survie et de l’entraide, parfois. Une petite lumière, faible et hésitante, mais tout de même une lumière au bout du tunnel.

Surtout, c’est bon. C’est vraiment très très bon.
Et puisque c’est le premier bouquin que je vous recommande ici, lisez-le!

Comme lecture de chevet, j’ai un petit livre très intéressant : 100 petites expériences en psychologie du consommateur pour mieux comprendre comment on vous influence (que j’ai loué à la bibliothèque car il est très cher).

Très intéressant.

Il est composé de trois parties, sous-divisés en onze chapitres :
Perception de l’information et comportement d’achat : pièges, biais et limites du traitement de l’information
-Les prix psychologiques «99999999999999999999999»
-L’influence automatique et non consciente
-Publicité et persuasion
-Messages et mots d’apparence anodine et comportement d’achat
-Sens et comportement du consommateur : la psychologie d’ambiance
-Lieux de vente et musique d’ambiance
-Odeurs et comportements de consommation
-Couleurs, lumières et consommation
-Pouvoir des vendeurs et influence des clients
-L’amorçage comportemental : l’influence par étapes
-Comportement non verbal du personnel et effet sur le client
-Les caractéristiques du vendeur
-L’auto-influence

À leur tour, les chapitres sont divisés en «fiches». Tels que :

  • Pourquoi acceptez-vous certaines choses , alors que vous avez le sentiment que vous pouvez les refuser? Évocation sémantique de la liberté et comportement d’achat.
  • Pourquoi écouter de la musique forte pousse-t-il à boire plus? L’effet de suractivation.
  • Pourquoi préférez-vous boire une limonade bien fraîche dans un verre bleu plutôt que rouge? Couleurs et autres interprétations sensorielles.

Chacune de ses fiches présente une introduction au sujet, la ou les expériences menées sur le sujet et puis évidemment la conclusion à laquelle on peut venir.

Malheureusement, le livre ne nous sert pas à sortir de cet emprise, mais seulement à nous démonter à quel point nous sommes influençables, et que nous ne pouvons pas faire grand chose. Le ton n’est pas du tout revendicateur, et tend parfois à être du côté du marchand. Même que l’auteur encourage parfois les tenanciers de bars ou autre établissement à pousser l’une des expériences. Ce qui devient désagréable, mais sinon un recueil clair et très intéressant pour mieux comprendre nos comportements.

Écotopie est un livre écrit par Ernest Callenbach en 1975. En gros, il raconte l’histoire d’un journaliste états-unien envoyé en Écotopie, un pays formé des états de la côte ouest nouvellement sécessionnée, pour lever, la première fois depuis 19 ans, le voile sur ce pays qui prône l’écologie comme manière de vivre.

Le livre est présenté sous la forme, d’une part, des articles de journaux que William Weston écrit à propos du gouvernement, du mode de vie, des innovations du jeune pays et, d’autre part, du journal personnel de ce même Weston. Tout au long du récit, le personnage principal, au départ curieux mais néanmoins méfiant face à ce nouveau monde en découvre les haut et les bas.

Écotopie n’est pas un livre bien écrit. Son style est plutôt lourd, même, mais c’est surtout le contenu qui en fait un des meilleurs livres que j’ai jamais lus. Présentant une utopie environnementaliste qui représente, dans les grandes lignes, le monde exact où je voudrais vivre : la lenteur, la communauté, la chaleur, le respect de la nature, la disparition des automobiles, la bonne nourriture, l’air pur, etc. Ce livre a été pour moi la mise en mots de ce monde parfait que je sentais en moi de façon diffuse.

Je ne me gêne pas pour publiciser ce bouquin parce que c’est une utopie réalisable. Il ne faut qu’un peu de bonne volonté pour y arriver, celle des gens qui vont cesser de se fier sur un gouvernement inutile pour régler leurs problèmes, autant quotidiens que ceux de la planète. À ce sujet, la forme de gouvernement présentée dans Écotopie n’est pas celle que je considère la meilleure. D’autres éléments, représentatifs des années 70, me font tilter de même. Écotopie est, en ce sens, un livre autour duquel les discussions pourraient – et devraient – être nombreuses. J’en retiens surtout l’idée d’environnement, de décroissance et de communauté (la bouffe en commun, la vaisselle aussi, le partage des savoirs), à vous d’en tirer ce que vous y voyez de bon pour la planète.

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Écotopie est quasiment introuvable (à moins d’un hasard merveilleux) en français. J’en possède une copie, et je ne suis pas la seule. Nous [possesseurs de la v.f. du bouquin] planifions nous atteler, un jour, à la tâche de le reproduire et de le rendre disponible sur internet. Pour le moment, sortez votre dictionnaire et prenez le risque de le lire en anglais. Le vocabulaire n’est pas trop complexe et si vous êtes capable d’écouter un film dans la langue de James Brown, vous devriez pouvoir sans trop de problème contempler la prose de Callenbach.

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Le wiki du bouquin. Le site officiel de l’auteur. Acheter le livre sur amazon [v. anglaise]. Qui se souvient d’Écotopie -une réédition en français?

Cascadia, une utopie écologiste dans le monde réel. Le wiki.

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J’ai récemment plongé mes prunelles dans la première partie du premier tome des sept qui composent le classique À la recherche du temps perdu du moustachu Marcel Proust.

Bon.

Il me semble fulguramment urgent de changer l’opinion que la planiète [sic] en entier semble avoir sur Marcel. Je m’attelle donc à cette tâche ardue et me donne le défi de vous donner l’envie pressante de (1) cesser de considérer Proust comme un auteur de snobinards et (2) enfiler votre costume de bain pour vous baigner dans ses phrases alambiquées.

**

Partie unu* : l’expérience personnelle.

Comme je l’ai avoué sans pudeur précédemment, mon parcours U.-sitaire dément (30 livres par session, pas moins**!) m’a forcé à lire Marcel à la va-vite entre un Kafka et un Breton (le Surréalisme pour les nuls). J’ai du rapidement parcourir les deux cent pages (193 pour être précise dans l’approximation) de la partie unua* de Du côté de chez Swann intitulée, pour des raisons évidentes du lecteur, Combray.

Résumé : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire :  » Je m’endors.  » » commence-il. Au réveil, le lendemain, déboussolé, Marcel se demande où il est. Suis-je dans ma chambre, dans la maison de Combray où nous allions passer nos vacances lorsque j’étais jeune? Ah, cette maison où vivait ma tante, où nous faisions des promenades et où absolument rien ne se produisait! [bla bla pendant 200 pages]. Mais non, alors que je me suis remémoré tous ces souvenirs qui, écrits, durent plusieurs arbres, quelques instants se sont passés dans la vie réelle et, reprenant mes esprits, je réalise plutôt que je suis dans ma chambre et non pas à Combray. Fin.

Juste pour l’ellipse qui se produit dans le récit, et le grand éclat de rire qui nous prend lorsque, à la page 193, on lit : « Certes quand approchait le matin, il y avait bien longtemps qu’était dissipée la brève incertitude de mon réveil. Je savais dans quelle chambre je me trouvais effectivement, je l’avais reconstruite autour de moi dans l’obscurité », réalisant que toute cette histoire ne se produisait en fait qu’en un moment, une minute tout au plus, celle du réveil où l’on ne sait plus son prénom, Combray mérite d’être lu.

Pour ma part, j’ai eu un pétillement et un immense sourire satisfait en découvrant la courbe, le retour au point exact du départ, la maîtrise immense du récit. Impressionnant.
Mais ce n’est pas tout! Passons à là :

**

Partie du* : le style de Marcel.

Marcel est fort connu des gens qui se/le considèrent comme snob comme étant l’auteur qui écrit des phrases à n’en plus finir.

Soit.

Je ne nie pas.

C’est même plus que vrai.

Citation : « Et pourtant, parce qu’il y a quelque chose d’individuel dans les lieux, quand me saisit le désir de revoir le côté de Guermantes, on ne le satisferait pas en me menant au bord d’une rivière où il y aurait d’aussi beaux, de plus beaux nymphéas que dans la Vivonne, pas plus que le soir en rentrant – à l’heure où s’éveillait en moi cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour, et peut devenir à jamais inséparable de lui – je n’aurais souhaité que vînt me dire bonsoir une mère plus belle et plus intelligente que la mienne. »

Respirons. Pfff-m pfff-m.

Bon.

On relit la phrase maintenant : « Et pourtant, parce qu’il y a quelque chose d’individuel dans les lieux, quand me saisit le désir de revoir le côté de Guermantes, on ne le satisferait pas en me menant au bord d’une rivière où il y aurait d’aussi beaux, de plus beaux nymphéas que dans la Vivonne, pas plus que le soir en rentrant – à l’heure où s’éveillait en moi cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour, et peut devenir à jamais inséparable de lui – je n’aurais souhaité que vînt me dire bonsoir une mère plus belle et plus intelligente que la mienne. »

On respire encore. Et on acquiesce. Cette phrase est magnifique. Construite impeccablement. Commence quelque part, se perd et finit par arriver ailleurs sans jamais que le lecteur n’ait besoin de la relire pour comprendre le chemin parcouru ni, et cette caractéristique me semble absolument essentielle, se souvenir du point de départ. On ne perd pas le fil avec Proust (euh, Marcel). On se laisse glisser, zouup, sur ses constructions longues et langoureuses pour arriver, finalement, au point. Les cent quatre-vingt-treize pages que j’ai admirées ne sont que pleine de ce genre de perles, alignées l’une après l’autre.

Je m’emporte. Continuons :

**

Partie tri* : le snobisme.

De façon plutôt malheureuse, Marcel est vu comme un auteur snob.

Bah ouais. C’est même plutôt normal.

Prenons la littérature. D’un côté, les « classiques », briques poussiéreuses portant des titres comme « Les confessions » ou « Les essais*** ». De l’autre, les best-sellers, livres hyper-vendus (vendus! de la littérature, vendue!) et connus de tous, comme le « Da Vinci Code » et « Harry Potter and the Goblet of Fire**** »

Les premiers semblent faire peur, pour une raison qui m’échappe, mais que nous pouvons deviner à travers les seconds. Les best-sellers sont en effet faciles d’accès. À l’intrigue peu complexe (je dois sauver la planète!), aux personnages souvent peu caractérisés (voir Bernard Werber), aux rebondissements plutôt probables (John, je vous aime!), ces livres ne demandent aucun effort intellectuel (ou si peu) et sont l’équivalent d’un James Bond à la télé, mais avec le côté « cerveau » donné par le fait que ce sont des livres. Les premiers, par comparaison, semblent des monstres de réflexion (pour ceux qui n’ont jamais lu La farce de maistre Pathelin, for sure) et, par le fait même, font peur.

Perso, ce sont les Harlequins (Anna, vous avez besoin de moi, faible femme que vous êtes, pour vous protéger dans ce monde terrifiant) et cie. qui me font peur, pour la conception du monde et de la femme qu’ils véhiculent. Mais je suis une intello finie, tout le monde sait ça.

Marcel, dans cette optique, est donc le modèle précis d’un auteur de snob (snob étant ici le synonyme d’intellectuel). L’intrigue de son bouquin est plutôt inexistante (j’ai mentionné que l’histoire est d’une platitude incroyable?) et ses phrases durent dix pages. Pas le genre de truc qu’on lit dans le bain pour se changer les idées, hum. Quoique.

Vous faites donc face à un dilemme :
Unu : Vous vous laissez influencer par l’opinion négative que le titre Du côté de chez Swann et, important, vous manquez le bonheur (j’insiste) cachée sous la couverture rébarbative du livre en refusant d’être vus en sa compagnie.
Du : fuck la société, rébellion, anarchie, je brûle ma brassière et je lis du Proust dans le métro, hell yeah!

**

Partie kvar* : conclusion.

L’intrigue du Combray dont j’ai eu l’infime honneur de lire les rebondissements (ahah, rebondissements) n’existe pas. Et c’est dans cette absence, versus l’incapacité dans laquelle j’étais de cesser de lire, que repose tout le talent de Marcel-le-moustachu. C’est bon, putain, c’est excellent, c’est comme du fromage chaud sur une pomme avec du miel, mais en 200 pages (et plus, tellement plus). C’est à se rouler par terre. C’est à écrire quatre pages de texte à 3h du matin le dimanche soir seulement pour déclarer sa flamme au monde entier. C’est à en parler à des inconnus dans la rue. C’est à être incapable de se maîtriser lorsqu’on entend le nom chéri de l’auteur.

Mais, quand même, faites-vous pas trop d’attentes. Je voudrais pas avoir votre mort sur la conscience parce que je vous aurais déçus. Choisissez la vie et le condom c’est out!

(Le texte au complet sans pub disponible gratoss grâce à Wiki)

Ah! Malgré ce qu’on pourrait croire, Marcel s’apparente fort peu à Balzac. La seule ressemblance que j’y voit, en fait, c’est qu’ils utilisent tous les deux la lettre « e » (et les autres lettres de l’alphabet. Et même, parfois, le mot « table »).

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Sheiße! C’est quand même long comme épidictique, ne?

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* C’est de l’esperanto, public curieux!
** Bon, je me plains pas, je connais des gens pour qui c’est pire…
*** Respectivement Rousseau et (soupir) Montaigne.
**** Du merveilleux Daniel Brun et sa copine milliardaire J. K. Rowling.

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[Publié originalement sur mon blog personnel et recopié ici sans modification. Le style peut donc différer un peu de ce que vous pouvez voir habituellement sur la bouquinerie.]