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Monumental, colossal, magistral.
Un des meilleurs livres que j’ai lu de ma courte vie.

Les mots, les phrases, les paragraphes s’enchaînent si bien.
Alors que l’on pensait que le pire était arrivé, William Hamleigh revient toujours en force.

Les pilliers de la terre de Ken Follet est un chef-d’œuvre. Je suis présentement en deuil. Je ne pourrais pas trouver aussi bon livre avant un bon bout de temps…

Jamais je ne me suis ennuyée durant la lecture de ces 1050 pages. Pas une seule fois. Tout était passionnant, de la naissance de Jonathan à l’édification de la cathédrale de Kingsbridge.

Tom, William, Ellen, Jack, Aliena m’ont fait vivre des émotions intenses. J’ai vécu la haine en lisant ce livre, j’ai failli pleurer à quelques reprises, mais j’ai aussi ri. Ce roman m’a passionné, m’a donné des frissons et m’a gardé en haleine jusqu’au bout. Trente-cinq ans de malheurs et de bonheurs.

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Un peu fâchée contre moi-même de n’avoir pas apporté pour ce petit voyage un ou deux livres de plus en prévision de la fin prochaine de celui que j’étais en train de lire, quel ne fût pas mon émerveillement quand mon copain sorti de son vieux placard un bouquin merveilleux, rempli d’histoires d’Edgar Allan Poe.
Histoires extraordinaires. Et en effet, ces histoires l’étaient. Poussée par une curiosité d’abord un peu malsaine, j’entrepris la lecture du bouquin avec une certaine envie obsédante. Ne connaissant d’Edgar que sa réputation de buveur égotiste ainsi que quelques-unes de ses plus célèbres histoires morbides et étranges, ma curiosité se transforma, au fil de ma lecture, en intérêt et étonnement tous deux plus que croissants. Je reconnu là, pour mon plus grand bonheur, quelques-uns des vestiges délicieux d’une époque pour moi jusqu’alors inconnue de Poe.

N’allez pas croire que nous pouvons insérer chronologiquement cette époque à l’intérieur de quelques limites de temps. L’époque dont je vous parle en chevaucha plusieurs, entre autres la plus connue et la plus fascinante, que j’ai mentionnée plus tôt. Mais l’époque dont je vous parle n’en est pas moins dépourvue de tout objet fascinant et digne de l’intérêt que nous lui portons en ce moment même, au contraire.

En débutant par ses histoires avec Dupin, personnage hautement intelligent et quasiment épeurant de par ses facultés d’analyse, qui par ses raisonnements et déductions logiques impeccables, réussi à résoudre plusieurs affaires qui demeuraient un vague mystère inquiétant pour la police. C’est dans ses histoires que je vis avec le plus de clarté tout l’intérêt que portait Poe pour les mathématiques, et il transmet son goût d’une telle façon qu’une simple énigme m’a fait vivre des moments d’exaltation et de suspense ma foi plutôt intenses.
Et ensuite vint la joie immense de réaliser que Manuscrit dans une bouteille et Descente dans le Maëlstrom étaient des histoires de mer et de marins.
Oh c’est certain que nous ne les lisons pas toutes, parfois elles sont longues et rendent plus compte des passions ou des aversions de l’auteur pour quelque domaine de la science. Mais tout de même.

Mon écriture imparfaite ne saurait rendre compte de l’atmosphère dans laquelle Poe fait évoluer ses personnages, en leurs inventant un passé des plus anodins ou mystérieux, des manières bizarres et un goût marqué pour le secret et la solitude. Quoi qu’il en soit, cette lecture fût salutaire en ce qu’elle m’a offert un nouveau visage à Edgar Allan Poe, et que celui-ci ne m’encourage qu’à continuer à le découvrir.

*

Et en plus elles sont traduites par Beaudelaire!!!

Vous avez une envie folle de lire un classique de la littérature française?
Ou un incontournable de la science-fiction?
Une pièce de théâtre à ne pas manquer?
Du fantastique essentiel à sa connaissance littéraire?
Un policier vital?

Mais ne savez que lire, ni comment vous diriger dans cette mer de possibilités?

Eh bien, j’ai pour vous le livre le plus incroyable!

La bibliothèque idéale présentée par Bernard Pivot. Mais il est très cher. Je vous propose donc ce site.
La liste, mais pour gratis.
Évidemment, dans le livre il y a des courts résumés des quarante-neuf livres se trouvant dans chacune des quarante-neuf catégories. (Ça n’en fait des livres, han!) Ce livre est une véritable bible. Qu’il faut tout de même prendre à la légère! 😉

Aucun auteur ne se retrouve deux fois dans la même catégorie.
Mais il peut apparaître dans plusieurs sections.

Bref, des heures de plaisir à surligner les livres déjà lus!
Et aussi se plaindre «argh, mais c’est son autre classique que j’ai lu!» «Dire que je l’ai lu pour rien» héhé

Enjoy!

Oui, oui, j’ai fini ce monument de la littérature.
J’ai lu les 1544 pages (en point 8!) d’un bout à l’autre.
Captivée.

Au début, j’avais peur.
La grosseur du roman, oui.
Le genre d’écriture, un peu. (Oui, je sais Monsieur Léon a écrit pour le peuple.)
Mais surtout, le nombre de personnages!
Finalement, je m’en suis sortie indemne.

Tout se déroule comme un charme:
Les années passent.
Les aventures amoureuses.
La(es) guerre(s) contre Buonaparte.
Les personnages.
Construction complexe.
Image parfaite.
Pas d’idéal.
Pas d’anti-héros.
Seulement des gens bien ordinaires avec une personnalité bien réelle.
Que ce soit, Natacha, Sonia, Pierre, André, Petia, Nicolas, Maria l’attachement se crée rapidement.
Et ça faisait longtemps que je n’avais pas vécu cela aussi intensément!

N’attendez plus pour le lire, même si c’est seulement pour vous vantez de l’avoir lu!
Et après, plus aucun roman ne vous fera peur!

J’ai récemment plongé mes prunelles dans la première partie du premier tome des sept qui composent le classique À la recherche du temps perdu du moustachu Marcel Proust.

Bon.

Il me semble fulguramment urgent de changer l’opinion que la planiète [sic] en entier semble avoir sur Marcel. Je m’attelle donc à cette tâche ardue et me donne le défi de vous donner l’envie pressante de (1) cesser de considérer Proust comme un auteur de snobinards et (2) enfiler votre costume de bain pour vous baigner dans ses phrases alambiquées.

**

Partie unu* : l’expérience personnelle.

Comme je l’ai avoué sans pudeur précédemment, mon parcours U.-sitaire dément (30 livres par session, pas moins**!) m’a forcé à lire Marcel à la va-vite entre un Kafka et un Breton (le Surréalisme pour les nuls). J’ai du rapidement parcourir les deux cent pages (193 pour être précise dans l’approximation) de la partie unua* de Du côté de chez Swann intitulée, pour des raisons évidentes du lecteur, Combray.

Résumé : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire :  » Je m’endors.  » » commence-il. Au réveil, le lendemain, déboussolé, Marcel se demande où il est. Suis-je dans ma chambre, dans la maison de Combray où nous allions passer nos vacances lorsque j’étais jeune? Ah, cette maison où vivait ma tante, où nous faisions des promenades et où absolument rien ne se produisait! [bla bla pendant 200 pages]. Mais non, alors que je me suis remémoré tous ces souvenirs qui, écrits, durent plusieurs arbres, quelques instants se sont passés dans la vie réelle et, reprenant mes esprits, je réalise plutôt que je suis dans ma chambre et non pas à Combray. Fin.

Juste pour l’ellipse qui se produit dans le récit, et le grand éclat de rire qui nous prend lorsque, à la page 193, on lit : « Certes quand approchait le matin, il y avait bien longtemps qu’était dissipée la brève incertitude de mon réveil. Je savais dans quelle chambre je me trouvais effectivement, je l’avais reconstruite autour de moi dans l’obscurité », réalisant que toute cette histoire ne se produisait en fait qu’en un moment, une minute tout au plus, celle du réveil où l’on ne sait plus son prénom, Combray mérite d’être lu.

Pour ma part, j’ai eu un pétillement et un immense sourire satisfait en découvrant la courbe, le retour au point exact du départ, la maîtrise immense du récit. Impressionnant.
Mais ce n’est pas tout! Passons à là :

**

Partie du* : le style de Marcel.

Marcel est fort connu des gens qui se/le considèrent comme snob comme étant l’auteur qui écrit des phrases à n’en plus finir.

Soit.

Je ne nie pas.

C’est même plus que vrai.

Citation : « Et pourtant, parce qu’il y a quelque chose d’individuel dans les lieux, quand me saisit le désir de revoir le côté de Guermantes, on ne le satisferait pas en me menant au bord d’une rivière où il y aurait d’aussi beaux, de plus beaux nymphéas que dans la Vivonne, pas plus que le soir en rentrant – à l’heure où s’éveillait en moi cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour, et peut devenir à jamais inséparable de lui – je n’aurais souhaité que vînt me dire bonsoir une mère plus belle et plus intelligente que la mienne. »

Respirons. Pfff-m pfff-m.

Bon.

On relit la phrase maintenant : « Et pourtant, parce qu’il y a quelque chose d’individuel dans les lieux, quand me saisit le désir de revoir le côté de Guermantes, on ne le satisferait pas en me menant au bord d’une rivière où il y aurait d’aussi beaux, de plus beaux nymphéas que dans la Vivonne, pas plus que le soir en rentrant – à l’heure où s’éveillait en moi cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour, et peut devenir à jamais inséparable de lui – je n’aurais souhaité que vînt me dire bonsoir une mère plus belle et plus intelligente que la mienne. »

On respire encore. Et on acquiesce. Cette phrase est magnifique. Construite impeccablement. Commence quelque part, se perd et finit par arriver ailleurs sans jamais que le lecteur n’ait besoin de la relire pour comprendre le chemin parcouru ni, et cette caractéristique me semble absolument essentielle, se souvenir du point de départ. On ne perd pas le fil avec Proust (euh, Marcel). On se laisse glisser, zouup, sur ses constructions longues et langoureuses pour arriver, finalement, au point. Les cent quatre-vingt-treize pages que j’ai admirées ne sont que pleine de ce genre de perles, alignées l’une après l’autre.

Je m’emporte. Continuons :

**

Partie tri* : le snobisme.

De façon plutôt malheureuse, Marcel est vu comme un auteur snob.

Bah ouais. C’est même plutôt normal.

Prenons la littérature. D’un côté, les « classiques », briques poussiéreuses portant des titres comme « Les confessions » ou « Les essais*** ». De l’autre, les best-sellers, livres hyper-vendus (vendus! de la littérature, vendue!) et connus de tous, comme le « Da Vinci Code » et « Harry Potter and the Goblet of Fire**** »

Les premiers semblent faire peur, pour une raison qui m’échappe, mais que nous pouvons deviner à travers les seconds. Les best-sellers sont en effet faciles d’accès. À l’intrigue peu complexe (je dois sauver la planète!), aux personnages souvent peu caractérisés (voir Bernard Werber), aux rebondissements plutôt probables (John, je vous aime!), ces livres ne demandent aucun effort intellectuel (ou si peu) et sont l’équivalent d’un James Bond à la télé, mais avec le côté « cerveau » donné par le fait que ce sont des livres. Les premiers, par comparaison, semblent des monstres de réflexion (pour ceux qui n’ont jamais lu La farce de maistre Pathelin, for sure) et, par le fait même, font peur.

Perso, ce sont les Harlequins (Anna, vous avez besoin de moi, faible femme que vous êtes, pour vous protéger dans ce monde terrifiant) et cie. qui me font peur, pour la conception du monde et de la femme qu’ils véhiculent. Mais je suis une intello finie, tout le monde sait ça.

Marcel, dans cette optique, est donc le modèle précis d’un auteur de snob (snob étant ici le synonyme d’intellectuel). L’intrigue de son bouquin est plutôt inexistante (j’ai mentionné que l’histoire est d’une platitude incroyable?) et ses phrases durent dix pages. Pas le genre de truc qu’on lit dans le bain pour se changer les idées, hum. Quoique.

Vous faites donc face à un dilemme :
Unu : Vous vous laissez influencer par l’opinion négative que le titre Du côté de chez Swann et, important, vous manquez le bonheur (j’insiste) cachée sous la couverture rébarbative du livre en refusant d’être vus en sa compagnie.
Du : fuck la société, rébellion, anarchie, je brûle ma brassière et je lis du Proust dans le métro, hell yeah!

**

Partie kvar* : conclusion.

L’intrigue du Combray dont j’ai eu l’infime honneur de lire les rebondissements (ahah, rebondissements) n’existe pas. Et c’est dans cette absence, versus l’incapacité dans laquelle j’étais de cesser de lire, que repose tout le talent de Marcel-le-moustachu. C’est bon, putain, c’est excellent, c’est comme du fromage chaud sur une pomme avec du miel, mais en 200 pages (et plus, tellement plus). C’est à se rouler par terre. C’est à écrire quatre pages de texte à 3h du matin le dimanche soir seulement pour déclarer sa flamme au monde entier. C’est à en parler à des inconnus dans la rue. C’est à être incapable de se maîtriser lorsqu’on entend le nom chéri de l’auteur.

Mais, quand même, faites-vous pas trop d’attentes. Je voudrais pas avoir votre mort sur la conscience parce que je vous aurais déçus. Choisissez la vie et le condom c’est out!

(Le texte au complet sans pub disponible gratoss grâce à Wiki)

Ah! Malgré ce qu’on pourrait croire, Marcel s’apparente fort peu à Balzac. La seule ressemblance que j’y voit, en fait, c’est qu’ils utilisent tous les deux la lettre « e » (et les autres lettres de l’alphabet. Et même, parfois, le mot « table »).

**

Sheiße! C’est quand même long comme épidictique, ne?

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* C’est de l’esperanto, public curieux!
** Bon, je me plains pas, je connais des gens pour qui c’est pire…
*** Respectivement Rousseau et (soupir) Montaigne.
**** Du merveilleux Daniel Brun et sa copine milliardaire J. K. Rowling.

**

[Publié originalement sur mon blog personnel et recopié ici sans modification. Le style peut donc différer un peu de ce que vous pouvez voir habituellement sur la bouquinerie.]

Des lettres.
Que des lettres, en fait.
Des correspondances parfois interrompues, parfois sans anicroches.
Une jeune fille. Sa mère veut la marier.
Un jeune homme, musicien et chanteur, entre.
Que d’innonce, mais soudain, une lettre!
Que faire? L’amie de maman, la marquise, devrait savoir.
Réponds-lui, voyons, il n’y a rien de mal.
Une correspondance s’en suit.

Plus loin, un homme, un vicomte, ami (amant) de la marquise, tente de séduire une veuve pure.
S’en suit une correspondance.

Trahison, velouté, charme.
Ces trois mots, à eux seuls, décrivent très bien le classique de Laclos qui se plaît à faire croire aux lecteurs que c’est une vraie correspondance.

Semble-t-il que le film est très bon.
Et attention! Si vous avez vu Un pari cruel,
vous risquez de faire la comparaison dans votre tête,
alors que c’est une adaptation extrèmement libre.