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Manet à Monet, vulgarisé :

«Ton chum Renoir là, y’est ben smatte, mais tu devrais peut-être y dire d’arrête de peindre. C’est vraiment affreux c’qu’y fait.»

Renoir le paysagiste.
Renoir l’audacieux.
Renoir refusé à présenter ses tableaux (comme la plupart des autres impressionnistes).
Renoir prenant les techniques de ses acolytes avec qui il était. Ne peignant pas tant en solo.

On apprend ses différentes techniques qui était alors très surprenantes.
Comme peindre au couteau.
Ou diluer tellement sa peinture à l’huile pour l’utiliser en aquarelle.

Une expostion pas très longue (75 minutes en lisant tout), donc pas du tout lourde.
Bref, très agréable.

Grande question : audioguide ou pas? Perso, je ne les ai pas pris. (Y me prendront pas cinq piasses de pluss certain!) Et je n’en ai pas senti le besoin durant l’expo. Mais semble-t-il qu’il était super intéressant. Entre-autre il y avait une version pour enfants : légère, explicative et instructive. Mais celle pour adultes était plus ardu et technique.

Coût : Comme à l’habitude, extrèmement cher pour rien : 15$ par adulte
Jusqu’au 9 septembre 2007

Musée des beaux-arts du Canada
380, promenade Sussex
Ottawa, Ontario

À l’aide d’une méthode de plastination que le fou docteur Gunther von Hagens a élaborée, on peut voir à cette expo, toutes les parties de l’anatomie humaine ainsi que des corps complets.

Ouais. Une exposition de corps humains conservés. Pas dans du formol la.
Et c’est fou.

Muscles, ligaments, os, articulations, vaisseaux sanguins.
Système cardiovasculaire, respiratoire, urinaire, de reproduction masculin et féminin.

Il y a même une salle avec le développement du foetus. Avec tout ce que ça implique de corps…

Et les corps complets sont exposés, carrément. De façon artistique et sensible, j’veux dire. Avec des poses. Sans leur enveloppe charnelle, comme ça:
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J’ai vu ce corps, j’y étais à quelques centimètres. C’est un vrai la. Le rouge, c’est les muscles.

Si c’est wierd? Ouais, un peu. Ben, pas l’expo en tant que telle, plutôt les trucs qui l’entourent.
Genre, les références religieuses, comme un des corps qui priait, pour rendre hommage à tous les donateurs.
Les références aux médecins de la Renaissance (en ommettant les Orientaux du Moyen-Âge, duh).
La prise de position nette et littéraire contre la cigarette et la mauvaise alimentation. Ce que je partage entièrement, mais c’est simplement que ça ajoutais au « wierd ». (En passant les fumeurs, vos poumous, ils sont incomparablement mille fois plus dégueulasse en vrai qu’en photo…)
Et aussi cette quasi-déification du docteur von Hagens. Et aussi ceci:

BODY WORLDS is the setting for an archetypal battle of good and evil, between Agent 007 and one of the villains of the film. For Dr. von Hagens, who was imprisoned in 1969 for two years after a failed attempt to escape, James Bond films are more than innocuous spy thrillers.

While Bond spent the Cold War fighting Communists, the younger generation behind the Iron Curtain at that time, including Dr. von Hagens, were inspired by him. “He stood for the power of the individual against communism and was anti-authoritarian and unconventional, which I don’t think the film censors realized at the time,” said von Hagens. “The leadership did not understand the thirst of our generation to break boundaries, to be free to travel like James Bond to Jamaica and Cape Canaveral and Fort Knox and Monte Carlo. He was for us the embodiment of freedom and possibilities.”

Tous ces facteurs ensembles créent chez moi un genre de malaise, une impression d’être devant une espèce de secte de scientifiques.

Mais bon, peut-être que j’suis folle aussi.

Et peu importe ces trucs bizarres, ça en vaut réellement la peine. C’est un hymne, quoique scientifique, à la beauté du corps humain. Il y a certes un débat éthique autour du procédé et des expos en générale, mais je n’y entrerai pas, parce que selon moi il ne s’applique pas. (Les corps sont morts…?).

Ah oui, et ceux qui y vont, n’oubliez pas de prendre le guide audio, vraiment un plus. (Il y en a dans plusieurs langues)

Coût: Ça revient à peu près à une 30aine de $. C’est cher, je sais. Mais putain que ça vaut la peine.

Science World, 1455 Quebec Street(yippee!). Vancouver, B.C.
Il y en aura à d’autres endroits (USA & Canada), et j’imagine qu’ils vont ben venir à Montréal emmener.

Je qualifierais le musée de Vancouver de correct. Il a 4 étages, qu’il remplit bien, sans plus. Je ne m’y connais pas en luminosité et en toiles, mais je n’ai pas aimé l’éclairage. Ça peut paraître stupide, mais les habitués des musées connaissent son importance. Celui-ci était, selon moi, beaucoup trop fort pour ce qu’on avait besoin. En plus, dans la partie française de l’introduction et dans quelques descriptions incluses dans l’expo d’Emily Carr, (la seule qui était bilingue), il y avait pleins de fautes d’orthographe!

Mais bon. La vie culturelle en général, à Vancouver, est pas géniale. C’est pas comparable à Montréal en-tout-cas, alors c’est en tenant compte de ça que je qualifie le musée de correct. Passable. Médiocre, quoi. (Le vrai sens du mot médiocre…).

Coût: adulte: 15$ – étudiant: 10$ (correct…)

750 Hornby Street. Vancouver, B.C.

*

Emily Carr, New perspectives on a canadian icon
Tu sais c’est qui, toi, Emily Carr? Bravo, parce que moi je la connaissais pas avant d’aller voir cette expo. À la Van Art Gallery, ils ont une collection appréciable de l’oeuvre de cette artiste-peintre, qui a commencé sa « carrière » dans les années folles. Ils ont décidé de la revisiter d’une toute nouvelle façon, comme le titre l’indique…

Pourquoi cette artiste est-elle une icône canadienne?

Un, parce qu’elle est une des grande représentante de la tentative de sauvegarde de la culture des Premières Nations. Personnellement, j’ai trouvé cette partie de l’expo sans grand intérêt. C’est peut-être parce que je suis pas à l’aise avec le fait que l’artiste s’est servie de ça pour se faire (peu, mais tout de même) de l’argent. Mais je dois dire que c’est aussi parce que son esthétique à la néo-impressionniste amérindienne ne m’a vraiment pas impressionnée.

Voyez par vous-même.

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Malgré tout, voir les débuts de l’artiste était pertinent.

S’ensuit quelques peintures inspirées du fauvisme, faites lors de son séjour en France.

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Deux, parce qu’à son retour dans l’Ouest canadien, elle a unit son amour pour la nature, issue de son observation du mode de vie et des croyances des peuples-qui-étaient-ici-bien-avant-nous, et les paysages de la côte nord du Pacifique pour en faire un art propre à elle.

Suffit les portraits de totems et de villages. Infidèle aux mythes, Carr inclut maintenant les totems dans une perspective beaucoup plus globale. Au début, cette période est très sombre. Densité, épaisseur, arbres effrayants.

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Puis, elle découvre une nouvelle technique. Sa peinture devient rapidement lumineuse et fluide. Illustrant sa croyance en la Nature Divine, elle allie anthropomorphisme et animisme pour nous peindre des tourbillons de vie, ciels pleins de mouvements clairs et venteux.

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Tu l’auras deviné… c’est cette partie de l’expo qui en vaut le détour.

Jusqu’au 7 Février 2007

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PAINT
Une dizaine d’artistes.

Drôle, trash, sexuel, fluo.
Abstractions géométriques, illusions d’optiques, jeux de lignes et de couleurs.

Néo-expressionisme, néo-surréalisme. Moderne et post-moderne.
Milieu punk, scène underground.

Politique. Usage d’icônes, critique.
Citations historiques, sociales et artisitiques.

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David Ostrem

Internet – Photographie – Structures et installations – Peinture

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Jessica Stockholder

À travers quatre décennies, l’expo nous montre des extraits de l’art telle qu’il a évolué à Vancouver. Et surtout, tel qu’il souhaite être.

Imagination.

Jusqu’au 25 Février 2007.

Je n’ai visité qu’une fois le Musée des Beaux-Arts de Québec, et je n’ai pas tout visité. Deux expositions particulières m’ont marquées.
La première, vous la connaissez, c’est celle du peintre québécois Jean-Paul Riopelle. Elle fait partie de la collection permanente du musée.
La seconde est une exposition itinérante, celle d’un autre peintre québécois, Fernand Leduc. Pour une description plus théorique de celles-ci, je vous renvoie à celles qu’on donne sur le site du musée.

*

Les oiseaux. Mon dieu, il faut commencer avec les oiseaux si on veut parler de Riopelle.

Les oiseaux blancs, pleins. Qui volent, qui tombent, qui s’étirent sur les fresques libres de Jean-Paul Riopelle. La liberté, ce puissant rêve qui l’a porté toute sa vie, porté jusqu’à terre pour le re-propulser dans le ciel. Les oiseaux sauvages, les graffiti à la bombe aérosol et le couteau. Puissance d’une émotion, une seule, crachée sur la toile pour en créer 100 autres. Jean-Paul Riopelle : une toile, l’œuvre d’une vie. Cent toiles, ombres et lumières éternelles.

Trop, c’était trop. Je n’ai même pas pu me plonger dans ses dessins et ses estampes, tant l’Hommage à Rosa Luxembourg et Poussière de Soleil et Espagne m’ont jetées, écrasées à terre pour me guider loin, loin, loin, haut dans les couleurs des cieux de Riopelle. Je suis amoureuse, amoureuse d’un peintre. Si j’avais été seule, j’aurais crié tant l’ENVIE d’être libre m’étreignait. Elle ne voulait pas me lâcher. Riopelle, Cocteau, les étoiles…

J’avais attendue trois ans pour la voir, cette expo, ce triptyque mythique. Je suis allée voir l’autre expo avant, celle des années 1900 à 2000. C’était une parfaite introduction, j’étais déjà émerveillée, (faussement) surprise, sautillante et avide du Québec, de son art, de ces artistes qui ont criés pour notre liberté, qui l’ont prise à coups de pinceau pour nous l’offrir orgueilleusement, de façon rageuse et urgente.

Vous me dites que je pense aussi à Borduas, Françoise Sullivan, et à tous les autres qui aposèrent leurs noms sur ce Refus Global du Québec et du monde tel qu’on le concevait à l’époque? Eh bien, vous z’avez raison. 😛

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Et Fernand Leduc, lumineux Leduc. J’étais ébahie, ébahie de pouvoir VOIR la lumière sur une TOILE.

C’étaient des chants de lumières : bleus, gris, pourpres étaient les couleurs-lumières de la nuit divisées devant moi, c’était des champs et des chants entiers de pureté qui s’étendaient devant moi, face à moi. C’était un appel à la beauté, une voix d’or et de cuivre qui me couvrait toute entière, qui m’illuminait, m’offrant un voile intouchable mais tangible qui avance normalement trop vite pour l’être. Ce n’était pas une capture de la lumière, comme une photographie, c’était plutôt une porte vers elle, une fenêtre grande ouverte sur l’infini, sur un univers intense de poussières d’étoiles.

*

Parc des Champs-de-Bataille, Québec, Québec

Comment parler du Musée de la Mer. En fait, il est important de mentionner que nous n’avons vu qu’un seul bâtiment de ce Musée, (celui de l’Empress of Ireland), ce qui peut grandement fausser la vision que nous avons retirée de sa visite.

En entrant, on est accueilliE chaleureusement (comme partout à Rimouski d’ailleurs) par un guide super fin qui nous explique comment ça fonctionne. Un ticket d’entrée nous donne droit à la visite de tous les bâtiments, plus un film ainsi que la possibilité de grimper le phare. Jusque là, génial. Jusqu’à ce qu’on nous donne le tarif. Ouain, c’est cher, mais on aime les phares, et l’histoire de l’Empress pique notre curiosité, alors on y va.

Déception. L’histoire méconnue de ce méga-bateau qui a lui aussi coulé à pic (en 14 minutes!) deux ans après le Titanic est, il est vrai, captivante et super instructive pour les gens curieux comme nous. On nous en raconte sur la construction du navire, ses particularités ainsi que sur mille trucs techniques hyper intéressants, avec images, photographies et reliques récupérées de l’épave à l’appui. Malheureusement, tout tourne au vinaigre au visionnement du film, qui nous laisse perplexe quant aux motifs qui ont poussé les réalisateurs à le tourner. Nous faire pleurer comme des bébés?

Et les témoignages qui ponctuent la fin de l’expo ajoute au mélodrame…

Malgré tout, nous avons adoré la visite du phare. Le guide était super gentil, il savait qu’on n’était pas vraiment étudiantes et nous a chargé comme telles. Vu qu’on était seules avec lui (la visite est impossible sans guide-accompagnateur), on en a profité pour poser pleins de questions concernant le fonctionnement des phares en général. En plus, la vue sur le fleuve était débile!

Coût : 8,50$/étudiant, 10.00$/adulte

Première salle : les changements climatiques. Intéressant qu’on se dit. Pas si mal effectivement, du côté de l’individu. Mais où est la collectivité? Où est le changement social tant nécessaire? Où est la critique de la société de consommation? Ah mais tiens! Ce n’est pas pour rien qu’elle est construite de cette façon cette expo. Elle n’a pas été fait par un-e ou des artistes, mais par le gouvernement. Gouvernement qui perd si nous repensons nos besoins, changeons nos habitudes de façon radicale et perdons le sens de la dépense.

Tout de même bien pour quelqu’un qui ne connaît pas du tout, ou presque, la conception de développement durable. Trop porté sur l’énergie. Mais justement, parle trop du contradictoire « développement durable ».

Et maintenant, la deuxième salle où est présenté « On the Road » : Seulement dans le titre, l’inspiration de Kérouac est présente. Les beatniks ainsi que les road movies américains. Cinq artistes nous présente la route. Celle qu’on ne voit plus. Celle qui est trop présente. Celle que nous oublions, alors qu’elle est belle.
Par la photo, la vidéo et la peinture; cinq visions.

Le musée de façon générale est génial. Petit certes, mais avec une ambiance très décontractée typique des gens du coin. Il n’y a que trois salles sur trois étages avec trois expositions. Ce n’est donc pas lourd comme dans la plupart des musées. En plus d’être espacé, aéré et pas trop climatisé. Bref, on se sent bien. À notre place. Ce n’est ni coincé, ni snob. Juste des expos. Pour nous montrer. Nous faire comprendre. Bref, c’est un chouette endroit!

Coût : génial. 3.00$/étudiant; 4.00$/adulte

35, rue St-Germain Ouest. Rimouski, Québec.

Ça fait trois ans que je veux y aller.
Mais faute de temps, ou d’organisation, je le manque.
Mais cette année, j’y suis allée!
Un peu de déception, par contre.

Espace trop petit,
Disposition étrange (en coin) des photos,
Écriteau extrèmement petit,
Photos disposées sur des toiles suspendues (donc qui bouge!), … etc

Et surtout!, l’expo avait l’air « tendance ». Et je n’aimais pas ça.
Comme s’il fallait aller au WWP. Très peu pour moi.
Donc,
La plupart des photos étaient mornes, sans vie.
Trop « mise en scène ». Bref, plates.
Mais il y a quand même quelques exceptions qui valent le déplacement.

Entre-autre, la série de portrait de vétérans de la Seconde Guerre Mondiale (mention spéciale à la dame qui a été infirmière pour l’Armée Rouge).

Puis, la jeune Soudanaise au regard vert-jaune perçant.

Ainsi que la classe de français au Mali.

L’homme aveugle à l’oeil jaune.

Le fils attachant la chemise de son père amputé.

La rue de l’Entente.

Le jeune garçon au bras amputé.

Ce qui relie toutes ces photos sont les regards.
Intense.
Toute la douleur, le souvenir, l’espoir réside dans ces regards.

Au Musée Juste Pour Rire jusqu’au 24 septembre 2006.