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D’accord, d’accord. J’ai promis à Mariane que je le ferais, alors je vais le faire. Non que ce ne soit si difficile, c’est simplement que y’en a tellement à dire et je suis plutôt paresseuse, si je m’écoutais j’en ferais la base d’un travail d’analyse d’au moins une dizaine de pages.

Eh oui, je parle bien du Deuxième sexe, tome 1 et 2, écrit par la grande Simone de Beauvoir. En fait ce que j’aimerais faire c’est un résumé, donc bref mais rendant compte de façon non équivoque de la pertinence et de la portée de ces bouquins, et d’une façon qui m’assurerait que chaque personne lisant ce résumé serait amené-e à non pas simplement conclure que c’est effectivement une base d’introduction au féminisme mais aussi à comprendre pourquoi le féminisme est toujours d’actualité.

Bon j’suis mal partie, comme d’habitude je me perds en introduction. Mais voilà. Tout d’abord, la structure de l’essai. Il faut mettre en lumière son ingéniosité. Parce que Simone, à travers 2 bouquins de poche, réussit à faire un survol global mais complet de la situation de la femme, depuis les hommes qui traînaient les femmes par les cheveux jusqu’à la fin des années 40 de l’ère moderne.

Et en plus, c’est pas plate! Au contraire. Simone, contrairement à peut-être d’autres auteur-e-s/essayistes/historien-ne-s, a une jolie plume, acérée mais fluide, pas toujours juste mais très passionnée. En fait, du début à la fin, on suit sa pensée (sauf dans le bout Mythes que j’ai sauté parce que j’avais envie de m’enfuir à toutes jambes devant les diverses représentations sadiques ou angéliques qu’on a inventé sur les femmes) sans jamais vouloir l’interrompre, sauf quand le propos, énoncé de façon tellement claire et nette comme une lame, nous fait mal.

Parce qu’elle parle des femmes, la Simone. En s’aidant (ou devrais-je dire en s’armant) de milles exemples et citations, elle parle de nous. De notre assouvissement et de notre liberté, de notre sexualité et surtout de notre érotisme, de notre image et de notre nous-mêmes, de nos peurs et de nos volontés. Et elle le fait avec talent, raison et sans mélodrame.

De nos jours, je dirais que cette lecture est toujours pertinente, peut-être moins qu’elle l’était au moment de sa parution, mais les enjeux dont elle parle nous touchent toujours.
Que ce soit quand elle parle de sexe et de comportements et attitudes à l’intérieur du couple, quand elle discute de dépassement de soi ou lorsqu’elle démolit les arguments des antiféministes d’un coup d’encre, elle nous démontre toujours avec clarté les facettes multiples de la condition féminine.

Et c’est aussi ça, le fantastique avec cette étude. Parce qu’en parlant des femmes, Simone réussit à parler d’êtres humain-e-s. Du particulier elle évoque le général, de l’individuel elle va vers la collectivité, et ce sans jamais oublier les particularités des un-e-s et des autres.

Moi, juste quand elle explique comment le patriarcat (système d’oppression des femmes par les hommes) opprime aussi, bien qu’à moindre échelle et de façon moins profonde, les hommes eux-mêmes, et comment ça ne sert à rien, au quotidien, de chercher à qui la faute, qu’il faut plutôt tenter de sortir des cycles vicieux qui en résultent, aïe j’avais des frissons.

Oh et puis ce livre nécessite d’être lu, par les femmes et aussi par les hommes, simplement parce qu’il représente par sa forme même ce qu’elle tente de dire à la face du monde, c’est-à-dire que les femmes sont des êtres conscient-e-s et capables, et que ce n’est pas à travers d’autres mais bien grâce à elles-mêmes qu’elles aussi peuvent conquérir leur liberté. (Et ça vaut pour les hommes!)

Je vous donne en cadeau un extrait de sa conclusion, trésor de mots réfléchis et toujours vrais, qui, vous êtes pas vites si vous l’avez pas encore deviné, m’ont touché droit dans la conscience.

Oh et puis non, allez le lire.

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Et pour les antiféministes qui se demandent en quoi le féminisme est toujours utile de nos jours dans le monde occidental, je ne prononcerai que les mots pornographie, prostitution, couple, travail et je vous laisse faire le reste du travail tout-e-s seul-e-s pour aujourd’hui.

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Oh et je tiens à dire que je suis d’accord avec elle aussi quand elle dit que les femmes ne seront jamais totalement libres tant que les être humain-e-s en général ne se seront pas libéré-e-s des chaînes du système d’économie capitaliste, autre système d’oppression qui marche main dans la main avec le patriarcat.

Un peu fâchée contre moi-même de n’avoir pas apporté pour ce petit voyage un ou deux livres de plus en prévision de la fin prochaine de celui que j’étais en train de lire, quel ne fût pas mon émerveillement quand mon copain sorti de son vieux placard un bouquin merveilleux, rempli d’histoires d’Edgar Allan Poe.
Histoires extraordinaires. Et en effet, ces histoires l’étaient. Poussée par une curiosité d’abord un peu malsaine, j’entrepris la lecture du bouquin avec une certaine envie obsédante. Ne connaissant d’Edgar que sa réputation de buveur égotiste ainsi que quelques-unes de ses plus célèbres histoires morbides et étranges, ma curiosité se transforma, au fil de ma lecture, en intérêt et étonnement tous deux plus que croissants. Je reconnu là, pour mon plus grand bonheur, quelques-uns des vestiges délicieux d’une époque pour moi jusqu’alors inconnue de Poe.

N’allez pas croire que nous pouvons insérer chronologiquement cette époque à l’intérieur de quelques limites de temps. L’époque dont je vous parle en chevaucha plusieurs, entre autres la plus connue et la plus fascinante, que j’ai mentionnée plus tôt. Mais l’époque dont je vous parle n’en est pas moins dépourvue de tout objet fascinant et digne de l’intérêt que nous lui portons en ce moment même, au contraire.

En débutant par ses histoires avec Dupin, personnage hautement intelligent et quasiment épeurant de par ses facultés d’analyse, qui par ses raisonnements et déductions logiques impeccables, réussi à résoudre plusieurs affaires qui demeuraient un vague mystère inquiétant pour la police. C’est dans ses histoires que je vis avec le plus de clarté tout l’intérêt que portait Poe pour les mathématiques, et il transmet son goût d’une telle façon qu’une simple énigme m’a fait vivre des moments d’exaltation et de suspense ma foi plutôt intenses.
Et ensuite vint la joie immense de réaliser que Manuscrit dans une bouteille et Descente dans le Maëlstrom étaient des histoires de mer et de marins.
Oh c’est certain que nous ne les lisons pas toutes, parfois elles sont longues et rendent plus compte des passions ou des aversions de l’auteur pour quelque domaine de la science. Mais tout de même.

Mon écriture imparfaite ne saurait rendre compte de l’atmosphère dans laquelle Poe fait évoluer ses personnages, en leurs inventant un passé des plus anodins ou mystérieux, des manières bizarres et un goût marqué pour le secret et la solitude. Quoi qu’il en soit, cette lecture fût salutaire en ce qu’elle m’a offert un nouveau visage à Edgar Allan Poe, et que celui-ci ne m’encourage qu’à continuer à le découvrir.

*

Et en plus elles sont traduites par Beaudelaire!!!

Je ne savais pas trop où classer ce roman de Jean-Marie Gustave Le Clézio.
Si vous voulez une introduction moche, je dirai que c’est une biographie du couple de peintres Diego Rivera et Frida Kahlo.

Mais si vous voulez vraiment avoir une idée du portrait que nous raconte Le Clézio, je devrai parler de roman et de poésie.
Parce qu’en fait, c’est avec passion qu’il nous parle de la vie de ces deux peintres d’un génie un peu fou, de leur couple, à partir de leur enfance jusqu’à leur mort. Il fait carrément revivre le Mexique des années 20, le Mexique révolutionnaire, tout juste à l’aube de la Révolution russe. Sa mise en contexte n’en est pas une, car c’est en fait à travers elle, par et pour ce Mexique que Diego et Frida ont créé, jusqu’à bouleverser son paysage artistique et son identité culturelle.

Je n’ai jamais lu de biographie (hum, j’en ai lu très peu, je dois l’avouer) racontée avec autant d’ardeur et de poésie. Il fait de leur vie un hymne, nous la rend accessible, nous permet de plonger à l’intérieur de leur amour, de comprendre leur attachement à leur terre, leurs racines indigènes, leur art et la révolution.
Tout au long de la lecture des parallèles magnifiques sont établis avec leurs oeuvres respectives.

On dirait qu’il les a connuEs. Et ça me donne l’impression que seulE unE artiste peut raconter de façon aussi personnelle et poétique unE autre artiste.

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Et ce n’est pas du tout kitsh, comme on pourrait être tenté de le croire en lisant ce résumé.

À l’aide d’une méthode de plastination que le fou docteur Gunther von Hagens a élaborée, on peut voir à cette expo, toutes les parties de l’anatomie humaine ainsi que des corps complets.

Ouais. Une exposition de corps humains conservés. Pas dans du formol la.
Et c’est fou.

Muscles, ligaments, os, articulations, vaisseaux sanguins.
Système cardiovasculaire, respiratoire, urinaire, de reproduction masculin et féminin.

Il y a même une salle avec le développement du foetus. Avec tout ce que ça implique de corps…

Et les corps complets sont exposés, carrément. De façon artistique et sensible, j’veux dire. Avec des poses. Sans leur enveloppe charnelle, comme ça:
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J’ai vu ce corps, j’y étais à quelques centimètres. C’est un vrai la. Le rouge, c’est les muscles.

Si c’est wierd? Ouais, un peu. Ben, pas l’expo en tant que telle, plutôt les trucs qui l’entourent.
Genre, les références religieuses, comme un des corps qui priait, pour rendre hommage à tous les donateurs.
Les références aux médecins de la Renaissance (en ommettant les Orientaux du Moyen-Âge, duh).
La prise de position nette et littéraire contre la cigarette et la mauvaise alimentation. Ce que je partage entièrement, mais c’est simplement que ça ajoutais au « wierd ». (En passant les fumeurs, vos poumous, ils sont incomparablement mille fois plus dégueulasse en vrai qu’en photo…)
Et aussi cette quasi-déification du docteur von Hagens. Et aussi ceci:

BODY WORLDS is the setting for an archetypal battle of good and evil, between Agent 007 and one of the villains of the film. For Dr. von Hagens, who was imprisoned in 1969 for two years after a failed attempt to escape, James Bond films are more than innocuous spy thrillers.

While Bond spent the Cold War fighting Communists, the younger generation behind the Iron Curtain at that time, including Dr. von Hagens, were inspired by him. “He stood for the power of the individual against communism and was anti-authoritarian and unconventional, which I don’t think the film censors realized at the time,” said von Hagens. “The leadership did not understand the thirst of our generation to break boundaries, to be free to travel like James Bond to Jamaica and Cape Canaveral and Fort Knox and Monte Carlo. He was for us the embodiment of freedom and possibilities.”

Tous ces facteurs ensembles créent chez moi un genre de malaise, une impression d’être devant une espèce de secte de scientifiques.

Mais bon, peut-être que j’suis folle aussi.

Et peu importe ces trucs bizarres, ça en vaut réellement la peine. C’est un hymne, quoique scientifique, à la beauté du corps humain. Il y a certes un débat éthique autour du procédé et des expos en générale, mais je n’y entrerai pas, parce que selon moi il ne s’applique pas. (Les corps sont morts…?).

Ah oui, et ceux qui y vont, n’oubliez pas de prendre le guide audio, vraiment un plus. (Il y en a dans plusieurs langues)

Coût: Ça revient à peu près à une 30aine de $. C’est cher, je sais. Mais putain que ça vaut la peine.

Science World, 1455 Quebec Street(yippee!). Vancouver, B.C.
Il y en aura à d’autres endroits (USA & Canada), et j’imagine qu’ils vont ben venir à Montréal emmener.

Je qualifierais le musée de Vancouver de correct. Il a 4 étages, qu’il remplit bien, sans plus. Je ne m’y connais pas en luminosité et en toiles, mais je n’ai pas aimé l’éclairage. Ça peut paraître stupide, mais les habitués des musées connaissent son importance. Celui-ci était, selon moi, beaucoup trop fort pour ce qu’on avait besoin. En plus, dans la partie française de l’introduction et dans quelques descriptions incluses dans l’expo d’Emily Carr, (la seule qui était bilingue), il y avait pleins de fautes d’orthographe!

Mais bon. La vie culturelle en général, à Vancouver, est pas géniale. C’est pas comparable à Montréal en-tout-cas, alors c’est en tenant compte de ça que je qualifie le musée de correct. Passable. Médiocre, quoi. (Le vrai sens du mot médiocre…).

Coût: adulte: 15$ – étudiant: 10$ (correct…)

750 Hornby Street. Vancouver, B.C.

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Emily Carr, New perspectives on a canadian icon
Tu sais c’est qui, toi, Emily Carr? Bravo, parce que moi je la connaissais pas avant d’aller voir cette expo. À la Van Art Gallery, ils ont une collection appréciable de l’oeuvre de cette artiste-peintre, qui a commencé sa « carrière » dans les années folles. Ils ont décidé de la revisiter d’une toute nouvelle façon, comme le titre l’indique…

Pourquoi cette artiste est-elle une icône canadienne?

Un, parce qu’elle est une des grande représentante de la tentative de sauvegarde de la culture des Premières Nations. Personnellement, j’ai trouvé cette partie de l’expo sans grand intérêt. C’est peut-être parce que je suis pas à l’aise avec le fait que l’artiste s’est servie de ça pour se faire (peu, mais tout de même) de l’argent. Mais je dois dire que c’est aussi parce que son esthétique à la néo-impressionniste amérindienne ne m’a vraiment pas impressionnée.

Voyez par vous-même.

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Malgré tout, voir les débuts de l’artiste était pertinent.

S’ensuit quelques peintures inspirées du fauvisme, faites lors de son séjour en France.

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Deux, parce qu’à son retour dans l’Ouest canadien, elle a unit son amour pour la nature, issue de son observation du mode de vie et des croyances des peuples-qui-étaient-ici-bien-avant-nous, et les paysages de la côte nord du Pacifique pour en faire un art propre à elle.

Suffit les portraits de totems et de villages. Infidèle aux mythes, Carr inclut maintenant les totems dans une perspective beaucoup plus globale. Au début, cette période est très sombre. Densité, épaisseur, arbres effrayants.

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Puis, elle découvre une nouvelle technique. Sa peinture devient rapidement lumineuse et fluide. Illustrant sa croyance en la Nature Divine, elle allie anthropomorphisme et animisme pour nous peindre des tourbillons de vie, ciels pleins de mouvements clairs et venteux.

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Tu l’auras deviné… c’est cette partie de l’expo qui en vaut le détour.

Jusqu’au 7 Février 2007

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PAINT
Une dizaine d’artistes.

Drôle, trash, sexuel, fluo.
Abstractions géométriques, illusions d’optiques, jeux de lignes et de couleurs.

Néo-expressionisme, néo-surréalisme. Moderne et post-moderne.
Milieu punk, scène underground.

Politique. Usage d’icônes, critique.
Citations historiques, sociales et artisitiques.

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David Ostrem

Internet – Photographie – Structures et installations – Peinture

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Jessica Stockholder

À travers quatre décennies, l’expo nous montre des extraits de l’art telle qu’il a évolué à Vancouver. Et surtout, tel qu’il souhaite être.

Imagination.

Jusqu’au 25 Février 2007.

Je n’ai visité qu’une fois le Musée des Beaux-Arts de Québec, et je n’ai pas tout visité. Deux expositions particulières m’ont marquées.
La première, vous la connaissez, c’est celle du peintre québécois Jean-Paul Riopelle. Elle fait partie de la collection permanente du musée.
La seconde est une exposition itinérante, celle d’un autre peintre québécois, Fernand Leduc. Pour une description plus théorique de celles-ci, je vous renvoie à celles qu’on donne sur le site du musée.

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Les oiseaux. Mon dieu, il faut commencer avec les oiseaux si on veut parler de Riopelle.

Les oiseaux blancs, pleins. Qui volent, qui tombent, qui s’étirent sur les fresques libres de Jean-Paul Riopelle. La liberté, ce puissant rêve qui l’a porté toute sa vie, porté jusqu’à terre pour le re-propulser dans le ciel. Les oiseaux sauvages, les graffiti à la bombe aérosol et le couteau. Puissance d’une émotion, une seule, crachée sur la toile pour en créer 100 autres. Jean-Paul Riopelle : une toile, l’œuvre d’une vie. Cent toiles, ombres et lumières éternelles.

Trop, c’était trop. Je n’ai même pas pu me plonger dans ses dessins et ses estampes, tant l’Hommage à Rosa Luxembourg et Poussière de Soleil et Espagne m’ont jetées, écrasées à terre pour me guider loin, loin, loin, haut dans les couleurs des cieux de Riopelle. Je suis amoureuse, amoureuse d’un peintre. Si j’avais été seule, j’aurais crié tant l’ENVIE d’être libre m’étreignait. Elle ne voulait pas me lâcher. Riopelle, Cocteau, les étoiles…

J’avais attendue trois ans pour la voir, cette expo, ce triptyque mythique. Je suis allée voir l’autre expo avant, celle des années 1900 à 2000. C’était une parfaite introduction, j’étais déjà émerveillée, (faussement) surprise, sautillante et avide du Québec, de son art, de ces artistes qui ont criés pour notre liberté, qui l’ont prise à coups de pinceau pour nous l’offrir orgueilleusement, de façon rageuse et urgente.

Vous me dites que je pense aussi à Borduas, Françoise Sullivan, et à tous les autres qui aposèrent leurs noms sur ce Refus Global du Québec et du monde tel qu’on le concevait à l’époque? Eh bien, vous z’avez raison. 😛

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Et Fernand Leduc, lumineux Leduc. J’étais ébahie, ébahie de pouvoir VOIR la lumière sur une TOILE.

C’étaient des chants de lumières : bleus, gris, pourpres étaient les couleurs-lumières de la nuit divisées devant moi, c’était des champs et des chants entiers de pureté qui s’étendaient devant moi, face à moi. C’était un appel à la beauté, une voix d’or et de cuivre qui me couvrait toute entière, qui m’illuminait, m’offrant un voile intouchable mais tangible qui avance normalement trop vite pour l’être. Ce n’était pas une capture de la lumière, comme une photographie, c’était plutôt une porte vers elle, une fenêtre grande ouverte sur l’infini, sur un univers intense de poussières d’étoiles.

*

Parc des Champs-de-Bataille, Québec, Québec

Bon. Je me décide à vous en parler. De mon nouveau jouet. Un petit bijou. Non, ce n’est pas un iPod. Ni autre lecteur mp3 du genre. Ce n’est pas non plus une radio portative, bien que c’est possible d’en avoir une de ce type-là.

Plusieurs d’entre vous la connaissez déjà, à ceux-là taisez-vous et laissez-moi écrire :P. C’est ma boîte de Pandore, celle qui ouvre des portes jusqu’alors insoupçonnée vers un nombre calculable mais tout de même effarant de bands, de tounes et de styles musicaux.

Je vous explique le concept de Pandora. Une gang de freaks de la musique, informaticiens et musiciens confondus, ont décidé de bâtir le Music Genome Project. Le MGP, c’est une base de donnnées de reconnaissance musicale non pas par type de musique mais par type d’accord, de tonalité, de voix et d’instrumentation. Et puis bon là leurs amis étaient jaloux et voulaient eux aussi avoir accès à ce super projet, alors ils ont créé Pandora (et sont probablement riches à l’heure qu’il est).

Ah mais je vous entends déjà me dire, ben là s’il faut payer…
Eh bien non, c’est gratuit! Il y a énormément de gens qui travaillent à ce projet, dont d’autres freaks-chanceux qui parcourent les villes (mostly USA) à la recherche de groupes émergents et plus undergrounds. Ce qui fait qu’on a autant de musique archi-connue que de nouveaux bands originaux et intéressants.

Le seul hic, c’est qu’il y a très peu de groupes francophones. Mais ne vous inquiétez pas, le champ de musique ne se restreint vraiment pas aux États-Unis.
Il y a aussi qu’après un certain moment, la station devient répétitive et on a fait le tour. Dans ce cas, soit on ajoute un band, soit on supprime et on passe à autre chose!

Alors qu’est-ce que vous attendez? Vous cliquez sur le lien, entrez un nom de band ou de toune, dépendamment si vous êtes du type « groupe », comme moi, ou du type « toune », comme d’autres… N’importe quoi que vous aimez ou que vous voulez découvrir un peu plus, et vous laissez la station rouler, en prenant bien soin de donner du feedback (de la rétro-action…) à votre boite de Pandore. Et ensuite, tout ce que vous avez à faire, c’est de créer d’autres stations, d’en amalgamer, d’écouter et de découvrir pleins de nouveaux groupes et types musicaux!

Pour découvrir.
De nouveaux auteurs,
De nouveaux styles,
De nouveaux genres.

Pour apprendre à aimer la lecture.
Car ce ne sont pas tous des Harlequins,
Et car il y a plus que les polars.

Pour discuter, échanger.

Et aussi,

Parce qu’écrire permet de se souvenir, même si ça n’a aucune importance à notre mort. Ça permet de conceptualiser, de mettre des mots sur les pensées abstraites qui peuvent nous traverser quand on se retrouver devant une pièce d’art.

Pour transmettre les bouts de notre amour pour l’art. Pour poursuivre les réflexions nées dans notre tête et vous les lancer.

Pour se botter les fesses aussi. Nous forcer à ne pas laisser mourir cette partie-là de notre vie, peu importe comment celle-ci se déroule.

Pour discuter, critiquer, informer.

Pour pas grand chose finalement. Juste parce qu’on aime ça. Rien de plus compliqué.

Mais,

Pourquoi moi? C’est vrai, l’idée est de Mariane et le titre d’Andy. J’ai rien à foutre là!

Mais. Elles ne pouvaient passer à côté de moi, sous peine de subir des supplices inédits sortis tout droit de mon esprit tordu. Quand même! Qui aurait fait les critiques des livres stupides sinon?

Parce que, vous l’aurez compris – le titre est assez clair avec ça – ce blog sera un blog de littérature (pas seulement, c’est certain, mais telle est l’idée de base). Un blog où nous pourrons parler des livres que nous avons lus, les flatter, cajoler, brûler ou griffer. Yeah!

«Un blog à concept», douterez-vous. Je sais. Les débuts seront peut-être difficiles, les critiques boiteuses, les livres débiles. Je vous demande donc de la patience, de l’amour, et beaucoup de commentaires enquiquinants. Avec toute notre volonté, notre bataille contre l’immobilisme ne pourra qu’être gagnée. Et tout le plaisir en sera pour vous (les chanceux!)

Et que Dieu veille sur vous!