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Soumission de Laurent.

Je suis en train de terminer un livre qui, sans payer de mine, est vraiment pertinent. Écrit en 1970, il retrace l’histoire de l’anarchisme en Espagne du 19e siècle jusqu’à la Guerre d’Espagne. C’est extrêmement intéressant, car, si on en sait déjà peu sur la Guerre d’Espagne (exception faite des anarchistes, car cette guerre civile est un moment clé de ce courant politique), il me semble qu’on en sait encore moins sur la période précédant cette guerre.

On y découvre l’histoire particulière de la péninsule ibérique, qui a une tradition surprenante de pensée libertaire. En effet, tandis que se répandait partout en Europe la pensée de Marx, et que le communisme séduisait la classe prolétaire, la campagne espagnole (L’Espagne était beaucoup moins urbanisée que le reste de l’Europe) était plus séduite par la fougue et la spontanéité des idées de Bakounine et de l’idéal anarchiste. À ses débuts dans ces contrées, l’anarchisme était peu organisé, et prenait une tournure très lyrique, salvatrice, quasi-religieuse: pour les populations rurales en manque de tout, il offrait la promesse d’un monde meilleur et, surtout, d’un repartage des terres. Je ne vous raconterai pas le livre, mais pour vous mettre l’eau à la bouche, on y raconte des histoires de villages se déclarant spontanément “indépendants” et entrant en grève sociale, générale et illimitée, ou encore de contrées entière se révoltant au simple mot d’ordre “c’est aujourd’hui la Révolution”. Plus tard dans l’histoire – le livre retrace 75 ans d’histoire passionnante – l’Idée se concrétisa, notamment au sein d’une puissante organisation anarcho-syndicaliste qui lutta très longtemps contre le gouvernement.

Le livre termine aux débuts de la Guerre d’Espagne – qui, en soit, est une période de l’histoire méritant d’être approfondie, car c’est possiblement le seul moment dans l’histoire de l’humanité où l’autogestion a été vécue par autant de gens, à une si grande échelle – dans la partie du pays aux mains des Républicains, on compte un grand nombre de villages anarchistes, des communes libertaires, et de très nombreuses usines collectivisées…

Ce qui m’intéresse dans ce livre, c’est qu’il fournit une piste de réponse à la question “Comment faire la Révolution?”. Car lorsque Franco prit le pouvoir, il reçut très peu d’opposition de la part du gouvernement en place – ce sont les syndicats anarchistes qui, les premiers, montèrent au front et permirent aux Républicains de se réorganiser. Les ouvriers (et ouvrières? pas sûr…) durent extorquer du gouvernement l’accès aux réserves d’armes fédérales lors de la junte militaire. Et si l’autogestion se répandit si rapidement, particulièrement en Catalogne, c’est qu’était déjà établie une culture libertaire, qui attendait le moment propice pour passer à l’action! Je citerai le livre en question, à la page 133: “Ainsi l’impensable paraît prendre figure réelle. Cette révolution anarchiste qu’il fallait jusqu’ici ranger dans la catégorie des utopies, voici qu’un sursaut inespéré de l’histoire lui donne corps.”

Ce livre est une fenêtre sur les conditions bien spéciales qui menèrent le peuple espagnol à la révolution libertaire. Disponible en tombant dessus par hasard au local de l’AGECVM, ou à la bibliothèque, si vous êtes vraiment chanceux-euses!

Anarchistes d’Espagne, Jean Bécarud et Gilles Lapouge, éditeur André Balland (collection “R”), Paris, 1970
De lecture fluide et passionnante, un portrait historique fortement politisé et bien synthétisé, je recommande chaudement ce livre.

La sonorité de Belle & Sebastian peut sembler déprimante. Elle ne l’est pas, ou, à tout du moins, elle ne l’est plus après la première écoute. Pour ma part, alors qu’un après-midi d’été évachée sur le lit d’un vieil ami, celui-ci m’a dit « eh, écoute ça », ce n’est certainement pas le mot « déprimant » qui m’est venu à l’esprit.

J’aime Belle & Sebastian pour la douceur de leurs chansons. Non, pas douceur. J’aime la voix du chanteur, j’aime les instruments qui sont utilisés et la façon dont ils le sont. J’aime surtout la musique de Belle & Sebastian. C’est la musique parfaite des moments solitaires, mais certainement pas celle des moments nostalgiques où l’on verse une larme en regardant les photos des amis du secondaire, broches en primes. Il y a de la musique douce (douce? je dis douce et je pense à un tapis avec de longs poils blancs. c’est certainement pas un mot qui peut décrire B&S), de la musique calme (pas comme de la musique new age et un bruit de fond de chute d’eau), de la musique (eheh, c’est le mieux que j’ai trouvé) qui peut être classée dans celle qui fait pleurer – ou même pleurnicher un peu en écrasant la larme du bout de son doigt (si vous en cherchez, j’ai encore une playlist pleine de chansons pop de mes folles années de secondaire, juste à me contacter), mais B&S ne m’a encore causé aucun pleurs (yay). Franchement, tout ce que je peux dire c’est que B&S, c’est beeen bon.

(excellente critique, madame Gwen, j’arrête pas de la trouver merveilleuse.)

Bon, c’est pas tout écrire un long texte pour ne rien dire, mais j’ai des livres à lire. Ça peut pas me faire de mal au niveau des synonymes, hein.

B&S, site officiel. (j’lai dit qu’ils viennent de Glasgow? Hehe)

*

Ajout d’Andy.

C’est vraiment une découverte grâce à Gwen ici présente. En fait, Belle and Sebastian ont neuf albums. Je crois que le seul lien qui lit les neuf est cette touche old school et pas très complexe, avec un beat de drum simple et de bonnes balades pas larmoyantes du tout. Et d’autres chansons avec plus d’influences rock. Parfois un peu folk aussi. Bref, de l’excellent pop indie. Et une touche d’humour!

J’ai particulièrement aimé I Love my Car, qu’on peut trouver sur leur myspace, mais juss pacque ça fit avec mon mood :P. (Parce que les autres tounes, toutes issues d’albums différents, sont particulières et intéressantes!)

Nouvelle éclair pour vous parler du site, et du disque, RadioDread, dans lequel des artistes pratiquant le reggae bob-marley-en reprennent à leur façon des succès de Radio-Tête (Radiohead, eh!)

Après les Rock-a-lullabies (qui feront l’objet d’un autre texte, quand je l’aurai écrit) la enième reprise des hits du groupe têtu (têtu!! quel humour!) mène à croire qu’il est comme genre, un groupe culte.

Malgré tout, c’est bien amusant. Nota pour Karma Police. Sé bon ^^.

En fan finie de Google, je me suis récemment tapé le livre « 55 Ways to Have Fun With Google » du – il paraît – populaire bloggeur Philipp Lenssen (Google Blogoscoped).

Pour tout dire, ce livre marque une avancée pour moi en matière de geekness et d’attachement à la technologie: c’était la première fois que je lisais un livre complet en .pdf. Ouh!

55 Ways, 55 de son petit nom, raconte, en 55 chapitres, une cinquante-cinquaine de moyens de s’amuser ou bien de se servir de façon intelligente (et pratik) du moteur dominant de la planète. On y découvre des petites histoires sur Goo, des trucs de recherche, des divagations sur l’avenir, des jeux et des random facts drôles (ou pas).

Il serait plutôt vain de résumer le bouquin, puisqu’il est disponible pour vous gratos en cliquant sur ce lien, et que la table des matières que vous découvrez dans le fichier est plutôt révélatrice (pas toujours, mais bon hein!) Par contre, j’ai ressorti les trucs draulll LOL ROFLCOPTER TOL HAHA sur quoi j’ai flashé pour vous les faire voir dans le bonheur du cui-cui.

1. The President of the Internet.
De la même façon qui fait que mouton insignifiant a autrefois mené sur la biographie officielle de Jean Charest, les mots President of the Internet mènent vers la page de celui-celle qui est président-e de l’internet au moment de la recherche.

Le président est donc (pour le moment).. Dan James. Go mon Dan, t’es capable! Fais nous une présidence d’enfer!

Dan James - President of the Internet

2. Recettes
Faim? Des petits pois et du caramel dans votre congélateur? Incapable de voir un lien entre ces deux ingrédients? À l’aide de l’opérateur inurl, vous pouvez chercher ces deux ingrédients dans une même page à l’intérieur de sites précis de recettes (pour pas tomber sur un site douteux d’admirateurs des pois au caramel..)

Ça marche comme ça: pois caramel (inurl:recettes.com | miammiam.ca | oyeespanolcocina.es | macdonalds.com)

Le résultat de cette recherche est plutôt poche, probablement parce que pois et caramel: hurk! (et aussi parce que les sites de recette sont des sites ficitfs..), mais, en général, vous devriez y arriver et c’est franchement pratique.

3. Bleh Bleh.
En fait, en re-regardant la table des matière de ce livre sympa, j’ai redécouvert plein de trucs drôle dont je pourrais vous parler. Comme ça trouvez: des tours de magie (cliquez sur le fond de la page et pouf! plus de o dans google), google fight et des trous jusqu’à la fin du monde.

Au final, par contre, je n’ai vraiment pas envie de ré-écrire le livre, alors je ne peux que vivement vous reccomander d’aller le chercher et d’au moins jeter un oeil sur la table des matière. J’ai trouvé cette lecture plutôt amusante (j’ai sauté par-dessus les moments où ce l’était moins ^^) et parfois même très pratique (comme pour la partie avec les recettes).

Merci go-gle. Again.

(ne manquez pas non plus le blog officiel de google. souvent très intéressant!)

Écotopie est un livre écrit par Ernest Callenbach en 1975. En gros, il raconte l’histoire d’un journaliste états-unien envoyé en Écotopie, un pays formé des états de la côte ouest nouvellement sécessionnée, pour lever, la première fois depuis 19 ans, le voile sur ce pays qui prône l’écologie comme manière de vivre.

Le livre est présenté sous la forme, d’une part, des articles de journaux que William Weston écrit à propos du gouvernement, du mode de vie, des innovations du jeune pays et, d’autre part, du journal personnel de ce même Weston. Tout au long du récit, le personnage principal, au départ curieux mais néanmoins méfiant face à ce nouveau monde en découvre les haut et les bas.

Écotopie n’est pas un livre bien écrit. Son style est plutôt lourd, même, mais c’est surtout le contenu qui en fait un des meilleurs livres que j’ai jamais lus. Présentant une utopie environnementaliste qui représente, dans les grandes lignes, le monde exact où je voudrais vivre : la lenteur, la communauté, la chaleur, le respect de la nature, la disparition des automobiles, la bonne nourriture, l’air pur, etc. Ce livre a été pour moi la mise en mots de ce monde parfait que je sentais en moi de façon diffuse.

Je ne me gêne pas pour publiciser ce bouquin parce que c’est une utopie réalisable. Il ne faut qu’un peu de bonne volonté pour y arriver, celle des gens qui vont cesser de se fier sur un gouvernement inutile pour régler leurs problèmes, autant quotidiens que ceux de la planète. À ce sujet, la forme de gouvernement présentée dans Écotopie n’est pas celle que je considère la meilleure. D’autres éléments, représentatifs des années 70, me font tilter de même. Écotopie est, en ce sens, un livre autour duquel les discussions pourraient – et devraient – être nombreuses. J’en retiens surtout l’idée d’environnement, de décroissance et de communauté (la bouffe en commun, la vaisselle aussi, le partage des savoirs), à vous d’en tirer ce que vous y voyez de bon pour la planète.

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Écotopie est quasiment introuvable (à moins d’un hasard merveilleux) en français. J’en possède une copie, et je ne suis pas la seule. Nous [possesseurs de la v.f. du bouquin] planifions nous atteler, un jour, à la tâche de le reproduire et de le rendre disponible sur internet. Pour le moment, sortez votre dictionnaire et prenez le risque de le lire en anglais. Le vocabulaire n’est pas trop complexe et si vous êtes capable d’écouter un film dans la langue de James Brown, vous devriez pouvoir sans trop de problème contempler la prose de Callenbach.

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Le wiki du bouquin. Le site officiel de l’auteur. Acheter le livre sur amazon [v. anglaise]. Qui se souvient d’Écotopie -une réédition en français?

Cascadia, une utopie écologiste dans le monde réel. Le wiki.

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J’ai récemment plongé mes prunelles dans la première partie du premier tome des sept qui composent le classique À la recherche du temps perdu du moustachu Marcel Proust.

Bon.

Il me semble fulguramment urgent de changer l’opinion que la planiète [sic] en entier semble avoir sur Marcel. Je m’attelle donc à cette tâche ardue et me donne le défi de vous donner l’envie pressante de (1) cesser de considérer Proust comme un auteur de snobinards et (2) enfiler votre costume de bain pour vous baigner dans ses phrases alambiquées.

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Partie unu* : l’expérience personnelle.

Comme je l’ai avoué sans pudeur précédemment, mon parcours U.-sitaire dément (30 livres par session, pas moins**!) m’a forcé à lire Marcel à la va-vite entre un Kafka et un Breton (le Surréalisme pour les nuls). J’ai du rapidement parcourir les deux cent pages (193 pour être précise dans l’approximation) de la partie unua* de Du côté de chez Swann intitulée, pour des raisons évidentes du lecteur, Combray.

Résumé : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire :  » Je m’endors.  » » commence-il. Au réveil, le lendemain, déboussolé, Marcel se demande où il est. Suis-je dans ma chambre, dans la maison de Combray où nous allions passer nos vacances lorsque j’étais jeune? Ah, cette maison où vivait ma tante, où nous faisions des promenades et où absolument rien ne se produisait! [bla bla pendant 200 pages]. Mais non, alors que je me suis remémoré tous ces souvenirs qui, écrits, durent plusieurs arbres, quelques instants se sont passés dans la vie réelle et, reprenant mes esprits, je réalise plutôt que je suis dans ma chambre et non pas à Combray. Fin.

Juste pour l’ellipse qui se produit dans le récit, et le grand éclat de rire qui nous prend lorsque, à la page 193, on lit : « Certes quand approchait le matin, il y avait bien longtemps qu’était dissipée la brève incertitude de mon réveil. Je savais dans quelle chambre je me trouvais effectivement, je l’avais reconstruite autour de moi dans l’obscurité », réalisant que toute cette histoire ne se produisait en fait qu’en un moment, une minute tout au plus, celle du réveil où l’on ne sait plus son prénom, Combray mérite d’être lu.

Pour ma part, j’ai eu un pétillement et un immense sourire satisfait en découvrant la courbe, le retour au point exact du départ, la maîtrise immense du récit. Impressionnant.
Mais ce n’est pas tout! Passons à là :

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Partie du* : le style de Marcel.

Marcel est fort connu des gens qui se/le considèrent comme snob comme étant l’auteur qui écrit des phrases à n’en plus finir.

Soit.

Je ne nie pas.

C’est même plus que vrai.

Citation : « Et pourtant, parce qu’il y a quelque chose d’individuel dans les lieux, quand me saisit le désir de revoir le côté de Guermantes, on ne le satisferait pas en me menant au bord d’une rivière où il y aurait d’aussi beaux, de plus beaux nymphéas que dans la Vivonne, pas plus que le soir en rentrant – à l’heure où s’éveillait en moi cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour, et peut devenir à jamais inséparable de lui – je n’aurais souhaité que vînt me dire bonsoir une mère plus belle et plus intelligente que la mienne. »

Respirons. Pfff-m pfff-m.

Bon.

On relit la phrase maintenant : « Et pourtant, parce qu’il y a quelque chose d’individuel dans les lieux, quand me saisit le désir de revoir le côté de Guermantes, on ne le satisferait pas en me menant au bord d’une rivière où il y aurait d’aussi beaux, de plus beaux nymphéas que dans la Vivonne, pas plus que le soir en rentrant – à l’heure où s’éveillait en moi cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour, et peut devenir à jamais inséparable de lui – je n’aurais souhaité que vînt me dire bonsoir une mère plus belle et plus intelligente que la mienne. »

On respire encore. Et on acquiesce. Cette phrase est magnifique. Construite impeccablement. Commence quelque part, se perd et finit par arriver ailleurs sans jamais que le lecteur n’ait besoin de la relire pour comprendre le chemin parcouru ni, et cette caractéristique me semble absolument essentielle, se souvenir du point de départ. On ne perd pas le fil avec Proust (euh, Marcel). On se laisse glisser, zouup, sur ses constructions longues et langoureuses pour arriver, finalement, au point. Les cent quatre-vingt-treize pages que j’ai admirées ne sont que pleine de ce genre de perles, alignées l’une après l’autre.

Je m’emporte. Continuons :

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Partie tri* : le snobisme.

De façon plutôt malheureuse, Marcel est vu comme un auteur snob.

Bah ouais. C’est même plutôt normal.

Prenons la littérature. D’un côté, les « classiques », briques poussiéreuses portant des titres comme « Les confessions » ou « Les essais*** ». De l’autre, les best-sellers, livres hyper-vendus (vendus! de la littérature, vendue!) et connus de tous, comme le « Da Vinci Code » et « Harry Potter and the Goblet of Fire**** »

Les premiers semblent faire peur, pour une raison qui m’échappe, mais que nous pouvons deviner à travers les seconds. Les best-sellers sont en effet faciles d’accès. À l’intrigue peu complexe (je dois sauver la planète!), aux personnages souvent peu caractérisés (voir Bernard Werber), aux rebondissements plutôt probables (John, je vous aime!), ces livres ne demandent aucun effort intellectuel (ou si peu) et sont l’équivalent d’un James Bond à la télé, mais avec le côté « cerveau » donné par le fait que ce sont des livres. Les premiers, par comparaison, semblent des monstres de réflexion (pour ceux qui n’ont jamais lu La farce de maistre Pathelin, for sure) et, par le fait même, font peur.

Perso, ce sont les Harlequins (Anna, vous avez besoin de moi, faible femme que vous êtes, pour vous protéger dans ce monde terrifiant) et cie. qui me font peur, pour la conception du monde et de la femme qu’ils véhiculent. Mais je suis une intello finie, tout le monde sait ça.

Marcel, dans cette optique, est donc le modèle précis d’un auteur de snob (snob étant ici le synonyme d’intellectuel). L’intrigue de son bouquin est plutôt inexistante (j’ai mentionné que l’histoire est d’une platitude incroyable?) et ses phrases durent dix pages. Pas le genre de truc qu’on lit dans le bain pour se changer les idées, hum. Quoique.

Vous faites donc face à un dilemme :
Unu : Vous vous laissez influencer par l’opinion négative que le titre Du côté de chez Swann et, important, vous manquez le bonheur (j’insiste) cachée sous la couverture rébarbative du livre en refusant d’être vus en sa compagnie.
Du : fuck la société, rébellion, anarchie, je brûle ma brassière et je lis du Proust dans le métro, hell yeah!

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Partie kvar* : conclusion.

L’intrigue du Combray dont j’ai eu l’infime honneur de lire les rebondissements (ahah, rebondissements) n’existe pas. Et c’est dans cette absence, versus l’incapacité dans laquelle j’étais de cesser de lire, que repose tout le talent de Marcel-le-moustachu. C’est bon, putain, c’est excellent, c’est comme du fromage chaud sur une pomme avec du miel, mais en 200 pages (et plus, tellement plus). C’est à se rouler par terre. C’est à écrire quatre pages de texte à 3h du matin le dimanche soir seulement pour déclarer sa flamme au monde entier. C’est à en parler à des inconnus dans la rue. C’est à être incapable de se maîtriser lorsqu’on entend le nom chéri de l’auteur.

Mais, quand même, faites-vous pas trop d’attentes. Je voudrais pas avoir votre mort sur la conscience parce que je vous aurais déçus. Choisissez la vie et le condom c’est out!

(Le texte au complet sans pub disponible gratoss grâce à Wiki)

Ah! Malgré ce qu’on pourrait croire, Marcel s’apparente fort peu à Balzac. La seule ressemblance que j’y voit, en fait, c’est qu’ils utilisent tous les deux la lettre « e » (et les autres lettres de l’alphabet. Et même, parfois, le mot « table »).

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Sheiße! C’est quand même long comme épidictique, ne?

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* C’est de l’esperanto, public curieux!
** Bon, je me plains pas, je connais des gens pour qui c’est pire…
*** Respectivement Rousseau et (soupir) Montaigne.
**** Du merveilleux Daniel Brun et sa copine milliardaire J. K. Rowling.

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[Publié originalement sur mon blog personnel et recopié ici sans modification. Le style peut donc différer un peu de ce que vous pouvez voir habituellement sur la bouquinerie.]

17.00h, lundi soir. J’écouterais bien un peu de soul bien relax pour finir ma dissert.

Ah nah, plutôt du pop vachement énergique.

De l’électro des années quatre-vingt dix. Oué.

..

Je trouve ça comment?

..

Ne cherchez plus, j’ai la solution miracle! Pour seulement aucun paiement par mois Musicovery vous arrose de la musique que vous voulez, genre, époque et style à votre goût. Gratoss.

Avec son interface toute simple et sa grande variété, c’est le genre de truc qui rend heureux tous les gens qui, comme moi, ont des goût très très très précis en matière de musique autant que ceux qui aiment découvrir de nouvelles choses.

Dans le genre de pandora, un peu, mais sans la possibilité de choisir un artiste précis. Et avec des chansons en français, des fois.

C’est zoli aussi.

musicovery
(finalement, c’est le soul qui a gagné, pour le bonheur d’oreille gauche et d’oreille droite. et hop, dissert bien accompagnée.)

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Un article sur le sujet dans ce coin-là explique le pourquoi, le comment et le d’où.

« Salut Sainte-Thérèse! Bon je t’avertis tout de suite, moi je suis ici pour raconter des histoires. Parce que tsé j’suis allé la semaine passée à Terrebone pis y’a des gens qui avaient reçu les billets en cadeau… »

Fred Pellerin est un conteur. Un conteux en fait. Un mec qui raconte des histoires. Mais pas n’importe quelles histoires. Les histoires, pardon, les légendes de Sainte-Élie-de-Caxton. Mais comprenez là les histoires, c’est pas lui qui les a inventées. Oh non, c’est sa grand-mère. Ouais et puis…

Fred Pellerin ne s’embarasse pas d’artifices. Il se flanque en plein milieu de la scène, avec son micro, sa guitare et sa chaise droite, et il nous raconte la vie de Sainte-Élie-de-Caxton avec ses mots. Ses hésitations. Ses interminables bras.

Et, d’une façon un peu incompréhensible, il se fait tordre de rire la salle pendant 2h20. Juste avec ses mots, ses bras et ses hésitations.

Et puis, effet un peu pervers, quand tu arrives chez toi, après avoir été jusqu’à Sainte-Thérèse (« Tu sais Thérèse, c’est pas…. »), un bled loin loin de chez toi pour voir ce bonhome chevelu, tu as envie de danser partout, par un excès de drôle refoulé (Nota : les effets peuvent varier).

Mais, attention. Si j’ai eu l’immense chance de pouvoir passer quelques heures en compagnie de Monsieur Pellerin, c’est bien parce que j’avais acheté mes billets il y a mille siècles, en mars dernier.

Très cool ET en demande.

Ne manquez pas ça, par pitié, si vous en avez la chance!

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Bon. Si vous ne pouvez vivre le moment incroyable d’un spectacle live drette devant vous, il reste toujours les bouquins & le coffret (avec les bouquins + une carte de Sainte-Élie dedans). Et, pour ceux à qui les lettres font mal aux yeux, il a pensé à vous : il y a un disque avec chaque livre.

(site officiel)

Un matin, Jeff Winston meurt.

Et puis se réveille, à 18 ans dans sa chambre d’étudiant à Atlanta.

Et il reccomence à vivre sa vie, avec pour seul (et énorme) changement qu’il connaît tout ce qui va se passer. Incluant les résultats sportifs.

Mais arrivé à 40 ans, il meurt à nouveau.

Et se réveille, à 20 ans dans sa chambre chez ses parents.

Et il revit à nouveau sa vie.

Jusqu’à sa mort.

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Replay est comme un film de science-fiction américain: une intrigue sans cesse renouvelée, des phrases imagées.

Replay est ce genre de livre qu’on lit pour se vider la tête, entrer complètement dans un livre où les protagonistes ne finissent pas par s’entretuer. On y entre et on n’en sort qu’à regret, «déjà?!»

Et puis, Replay nous permet de passer plusieurs heures entre copains à se demander «et si…»

Même si mon premier post sur ce tout nouveau – et, je sais, un peu silencieux – blogue était censé concerner ma récente lecture d’une quantité hors normes de romans Harlequins, je triche. Nouvellement Usitaire en Lettres, je me tape présentement une quantité peu commune de bouquins fichument intéressants (d’ailleurs, récemment, à un questionnaire, pour mesurer mon degré d’intellectualisme on m’a demandé: «Combien de livres lisez-vous par an?» Et la catégorie la plus grande était «Plus de 9». J’ai suffoqué. Mais je m’écarte) et dans ma liste se trouve le recueil complet des Poésies de François Villon.

En fait, j’ai même pas encore fini de lire le recueil. En fait, je ne suis pas encore rendue à la page 25. Je triche doublement.

Mais je confesse: je suis déjà amoureuse complète de cette poésie mordante. Je cite:

Item, à maître Ythier Marchant,
Auquel je me sens très tenu,
Laisse mon brant d’acier tranchant
Et à maître Jean le Cornu,
Qui est en gage détenu
Pour un écot sept sols en montant;
Je veul, selon le contenu,
Qu’on leur livre… en le rachetant.*

Comment ne pas se pâmer devant ces vers pinçants? Comment ne pas rire, seule, dans l’autobus? Comment ne pas avoir envie de trouver encore et encore des traits mordants, des injures, etc. tous contenus dans ces petits vers simplets? Comment ne pas avoir envie que tous sachent que Villon a existé? Hm?

Je savais.

Vous le lirez, dites?

Édition recommandée: chez GF, édition bilingue de Jean Dufournet.

*Traduction: «Item, à maître Ythier Marchant, envers qui je me sens très obligé, et à maître Jean Le Cornu, je laisse mon épée d’acier tranchant, qui est retenue en gage pour une dette se montant à sept sous; je veux, selon l’engagement, qu’on la leur livre… à condition qu’ils la rachètent.»