Un peu fâchée contre moi-même de n’avoir pas apporté pour ce petit voyage un ou deux livres de plus en prévision de la fin prochaine de celui que j’étais en train de lire, quel ne fût pas mon émerveillement quand mon copain sorti de son vieux placard un bouquin merveilleux, rempli d’histoires d’Edgar Allan Poe.
Histoires extraordinaires. Et en effet, ces histoires l’étaient. Poussée par une curiosité d’abord un peu malsaine, j’entrepris la lecture du bouquin avec une certaine envie obsédante. Ne connaissant d’Edgar que sa réputation de buveur égotiste ainsi que quelques-unes de ses plus célèbres histoires morbides et étranges, ma curiosité se transforma, au fil de ma lecture, en intérêt et étonnement tous deux plus que croissants. Je reconnu là, pour mon plus grand bonheur, quelques-uns des vestiges délicieux d’une époque pour moi jusqu’alors inconnue de Poe.

N’allez pas croire que nous pouvons insérer chronologiquement cette époque à l’intérieur de quelques limites de temps. L’époque dont je vous parle en chevaucha plusieurs, entre autres la plus connue et la plus fascinante, que j’ai mentionnée plus tôt. Mais l’époque dont je vous parle n’en est pas moins dépourvue de tout objet fascinant et digne de l’intérêt que nous lui portons en ce moment même, au contraire.

En débutant par ses histoires avec Dupin, personnage hautement intelligent et quasiment épeurant de par ses facultés d’analyse, qui par ses raisonnements et déductions logiques impeccables, réussi à résoudre plusieurs affaires qui demeuraient un vague mystère inquiétant pour la police. C’est dans ses histoires que je vis avec le plus de clarté tout l’intérêt que portait Poe pour les mathématiques, et il transmet son goût d’une telle façon qu’une simple énigme m’a fait vivre des moments d’exaltation et de suspense ma foi plutôt intenses.
Et ensuite vint la joie immense de réaliser que Manuscrit dans une bouteille et Descente dans le Maëlstrom étaient des histoires de mer et de marins.
Oh c’est certain que nous ne les lisons pas toutes, parfois elles sont longues et rendent plus compte des passions ou des aversions de l’auteur pour quelque domaine de la science. Mais tout de même.

Mon écriture imparfaite ne saurait rendre compte de l’atmosphère dans laquelle Poe fait évoluer ses personnages, en leurs inventant un passé des plus anodins ou mystérieux, des manières bizarres et un goût marqué pour le secret et la solitude. Quoi qu’il en soit, cette lecture fût salutaire en ce qu’elle m’a offert un nouveau visage à Edgar Allan Poe, et que celui-ci ne m’encourage qu’à continuer à le découvrir.

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Et en plus elles sont traduites par Beaudelaire!!!

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