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Oui, oui, j’ai fini ce monument de la littérature.
J’ai lu les 1544 pages (en point 8!) d’un bout à l’autre.
Captivée.

Au début, j’avais peur.
La grosseur du roman, oui.
Le genre d’écriture, un peu. (Oui, je sais Monsieur Léon a écrit pour le peuple.)
Mais surtout, le nombre de personnages!
Finalement, je m’en suis sortie indemne.

Tout se déroule comme un charme:
Les années passent.
Les aventures amoureuses.
La(es) guerre(s) contre Buonaparte.
Les personnages.
Construction complexe.
Image parfaite.
Pas d’idéal.
Pas d’anti-héros.
Seulement des gens bien ordinaires avec une personnalité bien réelle.
Que ce soit, Natacha, Sonia, Pierre, André, Petia, Nicolas, Maria l’attachement se crée rapidement.
Et ça faisait longtemps que je n’avais pas vécu cela aussi intensément!

N’attendez plus pour le lire, même si c’est seulement pour vous vantez de l’avoir lu!
Et après, plus aucun roman ne vous fera peur!

On va faire une petite expérience, d’accord? Levez-vous, allez chercher un grand verre et remplissez-le de lait. (De toute façon, le lait c’est bon et ça ne peut pas faire de mal à votre dentition.) Si vous n’êtes pas chez vous, eh bien, utilisez votre imagination. Ensuite, contemplez le liquide blanc sous vos yeux. Essayez d’imaginer qu’on vous plonge la tête dans ce lait, mais que vous ne pouvez fermer les yeux. Vous voyez tout blanc, d’un blanc lumineux, pur. Vous fermez les yeux et tout est encore blanc.
Vous êtes aveugle. Vous ne voyez rien, vous voyez blanc.

C’est ce qui arrive subitement èa un homme bien ordinaire qui attendait que le feu de circulation tourne au vert, un matin, dans sa voiture. (Bon, certains diront que ce n’était que sa juste punition pour avoir utilisé son auto sans faire de covoiturage…) C’est de cette façon que commence L’Aveuglement, un roman de José Saramago. On découvre que cette cécité, le  »mal blanc », est contagieux, il se répand rapidement dans la population, transmi par le  »regard » des aveugles. Réaction classique des dirigeants? On isole les aveugles dans un asile désafecté, puis dans plusieurs, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une seule personne possédant encore la vue. Sauf une. Une femme d’ophtalmologue, qui va guider un petit groupe jusqu’à la fin de cette crise.

Dit comme ça, ça paraît presque sympathique. Le blanc c’est bien, c’est propre, lumineux. C’est toujours mieux que noir, non?
En fait, il s’agit du récit de la déchéance humaine, de sa chute vers les bassesses les plus effrayantes. C’est l’omniprésence de la violence, mais aussi celle des déchets, de la merde (oui, carrément!) et des morts qui s’entassent un peu partout. C’est dégoûtant, horrible et pourtant… c’est réaliste. Ça n’étonne pas, mais ça décourage.

Mais.

Mais c’est aussi le récit du meilleur de l’Homme, de son sens incroyable de la survie et de l’entraide, parfois. Une petite lumière, faible et hésitante, mais tout de même une lumière au bout du tunnel.

Surtout, c’est bon. C’est vraiment très très bon.
Et puisque c’est le premier bouquin que je vous recommande ici, lisez-le!