Je n’ai visité qu’une fois le Musée des Beaux-Arts de Québec, et je n’ai pas tout visité. Deux expositions particulières m’ont marquées.
La première, vous la connaissez, c’est celle du peintre québécois Jean-Paul Riopelle. Elle fait partie de la collection permanente du musée.
La seconde est une exposition itinérante, celle d’un autre peintre québécois, Fernand Leduc. Pour une description plus théorique de celles-ci, je vous renvoie à celles qu’on donne sur le site du musée.

*

Les oiseaux. Mon dieu, il faut commencer avec les oiseaux si on veut parler de Riopelle.

Les oiseaux blancs, pleins. Qui volent, qui tombent, qui s’étirent sur les fresques libres de Jean-Paul Riopelle. La liberté, ce puissant rêve qui l’a porté toute sa vie, porté jusqu’à terre pour le re-propulser dans le ciel. Les oiseaux sauvages, les graffiti à la bombe aérosol et le couteau. Puissance d’une émotion, une seule, crachée sur la toile pour en créer 100 autres. Jean-Paul Riopelle : une toile, l’œuvre d’une vie. Cent toiles, ombres et lumières éternelles.

Trop, c’était trop. Je n’ai même pas pu me plonger dans ses dessins et ses estampes, tant l’Hommage à Rosa Luxembourg et Poussière de Soleil et Espagne m’ont jetées, écrasées à terre pour me guider loin, loin, loin, haut dans les couleurs des cieux de Riopelle. Je suis amoureuse, amoureuse d’un peintre. Si j’avais été seule, j’aurais crié tant l’ENVIE d’être libre m’étreignait. Elle ne voulait pas me lâcher. Riopelle, Cocteau, les étoiles…

J’avais attendue trois ans pour la voir, cette expo, ce triptyque mythique. Je suis allée voir l’autre expo avant, celle des années 1900 à 2000. C’était une parfaite introduction, j’étais déjà émerveillée, (faussement) surprise, sautillante et avide du Québec, de son art, de ces artistes qui ont criés pour notre liberté, qui l’ont prise à coups de pinceau pour nous l’offrir orgueilleusement, de façon rageuse et urgente.

Vous me dites que je pense aussi à Borduas, Françoise Sullivan, et à tous les autres qui aposèrent leurs noms sur ce Refus Global du Québec et du monde tel qu’on le concevait à l’époque? Eh bien, vous z’avez raison. 😛

*

Et Fernand Leduc, lumineux Leduc. J’étais ébahie, ébahie de pouvoir VOIR la lumière sur une TOILE.

C’étaient des chants de lumières : bleus, gris, pourpres étaient les couleurs-lumières de la nuit divisées devant moi, c’était des champs et des chants entiers de pureté qui s’étendaient devant moi, face à moi. C’était un appel à la beauté, une voix d’or et de cuivre qui me couvrait toute entière, qui m’illuminait, m’offrant un voile intouchable mais tangible qui avance normalement trop vite pour l’être. Ce n’était pas une capture de la lumière, comme une photographie, c’était plutôt une porte vers elle, une fenêtre grande ouverte sur l’infini, sur un univers intense de poussières d’étoiles.

*

Parc des Champs-de-Bataille, Québec, Québec

Publicités