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À l’aide d’une méthode de plastination que le fou docteur Gunther von Hagens a élaborée, on peut voir à cette expo, toutes les parties de l’anatomie humaine ainsi que des corps complets.

Ouais. Une exposition de corps humains conservés. Pas dans du formol la.
Et c’est fou.

Muscles, ligaments, os, articulations, vaisseaux sanguins.
Système cardiovasculaire, respiratoire, urinaire, de reproduction masculin et féminin.

Il y a même une salle avec le développement du foetus. Avec tout ce que ça implique de corps…

Et les corps complets sont exposés, carrément. De façon artistique et sensible, j’veux dire. Avec des poses. Sans leur enveloppe charnelle, comme ça:
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J’ai vu ce corps, j’y étais à quelques centimètres. C’est un vrai la. Le rouge, c’est les muscles.

Si c’est wierd? Ouais, un peu. Ben, pas l’expo en tant que telle, plutôt les trucs qui l’entourent.
Genre, les références religieuses, comme un des corps qui priait, pour rendre hommage à tous les donateurs.
Les références aux médecins de la Renaissance (en ommettant les Orientaux du Moyen-Âge, duh).
La prise de position nette et littéraire contre la cigarette et la mauvaise alimentation. Ce que je partage entièrement, mais c’est simplement que ça ajoutais au « wierd ». (En passant les fumeurs, vos poumous, ils sont incomparablement mille fois plus dégueulasse en vrai qu’en photo…)
Et aussi cette quasi-déification du docteur von Hagens. Et aussi ceci:

BODY WORLDS is the setting for an archetypal battle of good and evil, between Agent 007 and one of the villains of the film. For Dr. von Hagens, who was imprisoned in 1969 for two years after a failed attempt to escape, James Bond films are more than innocuous spy thrillers.

While Bond spent the Cold War fighting Communists, the younger generation behind the Iron Curtain at that time, including Dr. von Hagens, were inspired by him. “He stood for the power of the individual against communism and was anti-authoritarian and unconventional, which I don’t think the film censors realized at the time,” said von Hagens. “The leadership did not understand the thirst of our generation to break boundaries, to be free to travel like James Bond to Jamaica and Cape Canaveral and Fort Knox and Monte Carlo. He was for us the embodiment of freedom and possibilities.”

Tous ces facteurs ensembles créent chez moi un genre de malaise, une impression d’être devant une espèce de secte de scientifiques.

Mais bon, peut-être que j’suis folle aussi.

Et peu importe ces trucs bizarres, ça en vaut réellement la peine. C’est un hymne, quoique scientifique, à la beauté du corps humain. Il y a certes un débat éthique autour du procédé et des expos en générale, mais je n’y entrerai pas, parce que selon moi il ne s’applique pas. (Les corps sont morts…?).

Ah oui, et ceux qui y vont, n’oubliez pas de prendre le guide audio, vraiment un plus. (Il y en a dans plusieurs langues)

Coût: Ça revient à peu près à une 30aine de $. C’est cher, je sais. Mais putain que ça vaut la peine.

Science World, 1455 Quebec Street(yippee!). Vancouver, B.C.
Il y en aura à d’autres endroits (USA & Canada), et j’imagine qu’ils vont ben venir à Montréal emmener.

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Je qualifierais le musée de Vancouver de correct. Il a 4 étages, qu’il remplit bien, sans plus. Je ne m’y connais pas en luminosité et en toiles, mais je n’ai pas aimé l’éclairage. Ça peut paraître stupide, mais les habitués des musées connaissent son importance. Celui-ci était, selon moi, beaucoup trop fort pour ce qu’on avait besoin. En plus, dans la partie française de l’introduction et dans quelques descriptions incluses dans l’expo d’Emily Carr, (la seule qui était bilingue), il y avait pleins de fautes d’orthographe!

Mais bon. La vie culturelle en général, à Vancouver, est pas géniale. C’est pas comparable à Montréal en-tout-cas, alors c’est en tenant compte de ça que je qualifie le musée de correct. Passable. Médiocre, quoi. (Le vrai sens du mot médiocre…).

Coût: adulte: 15$ – étudiant: 10$ (correct…)

750 Hornby Street. Vancouver, B.C.

*

Emily Carr, New perspectives on a canadian icon
Tu sais c’est qui, toi, Emily Carr? Bravo, parce que moi je la connaissais pas avant d’aller voir cette expo. À la Van Art Gallery, ils ont une collection appréciable de l’oeuvre de cette artiste-peintre, qui a commencé sa « carrière » dans les années folles. Ils ont décidé de la revisiter d’une toute nouvelle façon, comme le titre l’indique…

Pourquoi cette artiste est-elle une icône canadienne?

Un, parce qu’elle est une des grande représentante de la tentative de sauvegarde de la culture des Premières Nations. Personnellement, j’ai trouvé cette partie de l’expo sans grand intérêt. C’est peut-être parce que je suis pas à l’aise avec le fait que l’artiste s’est servie de ça pour se faire (peu, mais tout de même) de l’argent. Mais je dois dire que c’est aussi parce que son esthétique à la néo-impressionniste amérindienne ne m’a vraiment pas impressionnée.

Voyez par vous-même.

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Malgré tout, voir les débuts de l’artiste était pertinent.

S’ensuit quelques peintures inspirées du fauvisme, faites lors de son séjour en France.

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Deux, parce qu’à son retour dans l’Ouest canadien, elle a unit son amour pour la nature, issue de son observation du mode de vie et des croyances des peuples-qui-étaient-ici-bien-avant-nous, et les paysages de la côte nord du Pacifique pour en faire un art propre à elle.

Suffit les portraits de totems et de villages. Infidèle aux mythes, Carr inclut maintenant les totems dans une perspective beaucoup plus globale. Au début, cette période est très sombre. Densité, épaisseur, arbres effrayants.

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Puis, elle découvre une nouvelle technique. Sa peinture devient rapidement lumineuse et fluide. Illustrant sa croyance en la Nature Divine, elle allie anthropomorphisme et animisme pour nous peindre des tourbillons de vie, ciels pleins de mouvements clairs et venteux.

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Tu l’auras deviné… c’est cette partie de l’expo qui en vaut le détour.

Jusqu’au 7 Février 2007

*

PAINT
Une dizaine d’artistes.

Drôle, trash, sexuel, fluo.
Abstractions géométriques, illusions d’optiques, jeux de lignes et de couleurs.

Néo-expressionisme, néo-surréalisme. Moderne et post-moderne.
Milieu punk, scène underground.

Politique. Usage d’icônes, critique.
Citations historiques, sociales et artisitiques.

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David Ostrem

Internet – Photographie – Structures et installations – Peinture

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Jessica Stockholder

À travers quatre décennies, l’expo nous montre des extraits de l’art telle qu’il a évolué à Vancouver. Et surtout, tel qu’il souhaite être.

Imagination.

Jusqu’au 25 Février 2007.

Des lettres.
Que des lettres, en fait.
Des correspondances parfois interrompues, parfois sans anicroches.
Une jeune fille. Sa mère veut la marier.
Un jeune homme, musicien et chanteur, entre.
Que d’innonce, mais soudain, une lettre!
Que faire? L’amie de maman, la marquise, devrait savoir.
Réponds-lui, voyons, il n’y a rien de mal.
Une correspondance s’en suit.

Plus loin, un homme, un vicomte, ami (amant) de la marquise, tente de séduire une veuve pure.
S’en suit une correspondance.

Trahison, velouté, charme.
Ces trois mots, à eux seuls, décrivent très bien le classique de Laclos qui se plaît à faire croire aux lecteurs que c’est une vraie correspondance.

Semble-t-il que le film est très bon.
Et attention! Si vous avez vu Un pari cruel,
vous risquez de faire la comparaison dans votre tête,
alors que c’est une adaptation extrèmement libre.

« Salut Sainte-Thérèse! Bon je t’avertis tout de suite, moi je suis ici pour raconter des histoires. Parce que tsé j’suis allé la semaine passée à Terrebone pis y’a des gens qui avaient reçu les billets en cadeau… »

Fred Pellerin est un conteur. Un conteux en fait. Un mec qui raconte des histoires. Mais pas n’importe quelles histoires. Les histoires, pardon, les légendes de Sainte-Élie-de-Caxton. Mais comprenez là les histoires, c’est pas lui qui les a inventées. Oh non, c’est sa grand-mère. Ouais et puis…

Fred Pellerin ne s’embarasse pas d’artifices. Il se flanque en plein milieu de la scène, avec son micro, sa guitare et sa chaise droite, et il nous raconte la vie de Sainte-Élie-de-Caxton avec ses mots. Ses hésitations. Ses interminables bras.

Et, d’une façon un peu incompréhensible, il se fait tordre de rire la salle pendant 2h20. Juste avec ses mots, ses bras et ses hésitations.

Et puis, effet un peu pervers, quand tu arrives chez toi, après avoir été jusqu’à Sainte-Thérèse (« Tu sais Thérèse, c’est pas…. »), un bled loin loin de chez toi pour voir ce bonhome chevelu, tu as envie de danser partout, par un excès de drôle refoulé (Nota : les effets peuvent varier).

Mais, attention. Si j’ai eu l’immense chance de pouvoir passer quelques heures en compagnie de Monsieur Pellerin, c’est bien parce que j’avais acheté mes billets il y a mille siècles, en mars dernier.

Très cool ET en demande.

Ne manquez pas ça, par pitié, si vous en avez la chance!

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Bon. Si vous ne pouvez vivre le moment incroyable d’un spectacle live drette devant vous, il reste toujours les bouquins & le coffret (avec les bouquins + une carte de Sainte-Élie dedans). Et, pour ceux à qui les lettres font mal aux yeux, il a pensé à vous : il y a un disque avec chaque livre.

(site officiel)

Un matin, Jeff Winston meurt.

Et puis se réveille, à 18 ans dans sa chambre d’étudiant à Atlanta.

Et il reccomence à vivre sa vie, avec pour seul (et énorme) changement qu’il connaît tout ce qui va se passer. Incluant les résultats sportifs.

Mais arrivé à 40 ans, il meurt à nouveau.

Et se réveille, à 20 ans dans sa chambre chez ses parents.

Et il revit à nouveau sa vie.

Jusqu’à sa mort.

**

Replay est comme un film de science-fiction américain: une intrigue sans cesse renouvelée, des phrases imagées.

Replay est ce genre de livre qu’on lit pour se vider la tête, entrer complètement dans un livre où les protagonistes ne finissent pas par s’entretuer. On y entre et on n’en sort qu’à regret, «déjà?!»

Et puis, Replay nous permet de passer plusieurs heures entre copains à se demander «et si…»

Je n’ai visité qu’une fois le Musée des Beaux-Arts de Québec, et je n’ai pas tout visité. Deux expositions particulières m’ont marquées.
La première, vous la connaissez, c’est celle du peintre québécois Jean-Paul Riopelle. Elle fait partie de la collection permanente du musée.
La seconde est une exposition itinérante, celle d’un autre peintre québécois, Fernand Leduc. Pour une description plus théorique de celles-ci, je vous renvoie à celles qu’on donne sur le site du musée.

*

Les oiseaux. Mon dieu, il faut commencer avec les oiseaux si on veut parler de Riopelle.

Les oiseaux blancs, pleins. Qui volent, qui tombent, qui s’étirent sur les fresques libres de Jean-Paul Riopelle. La liberté, ce puissant rêve qui l’a porté toute sa vie, porté jusqu’à terre pour le re-propulser dans le ciel. Les oiseaux sauvages, les graffiti à la bombe aérosol et le couteau. Puissance d’une émotion, une seule, crachée sur la toile pour en créer 100 autres. Jean-Paul Riopelle : une toile, l’œuvre d’une vie. Cent toiles, ombres et lumières éternelles.

Trop, c’était trop. Je n’ai même pas pu me plonger dans ses dessins et ses estampes, tant l’Hommage à Rosa Luxembourg et Poussière de Soleil et Espagne m’ont jetées, écrasées à terre pour me guider loin, loin, loin, haut dans les couleurs des cieux de Riopelle. Je suis amoureuse, amoureuse d’un peintre. Si j’avais été seule, j’aurais crié tant l’ENVIE d’être libre m’étreignait. Elle ne voulait pas me lâcher. Riopelle, Cocteau, les étoiles…

J’avais attendue trois ans pour la voir, cette expo, ce triptyque mythique. Je suis allée voir l’autre expo avant, celle des années 1900 à 2000. C’était une parfaite introduction, j’étais déjà émerveillée, (faussement) surprise, sautillante et avide du Québec, de son art, de ces artistes qui ont criés pour notre liberté, qui l’ont prise à coups de pinceau pour nous l’offrir orgueilleusement, de façon rageuse et urgente.

Vous me dites que je pense aussi à Borduas, Françoise Sullivan, et à tous les autres qui aposèrent leurs noms sur ce Refus Global du Québec et du monde tel qu’on le concevait à l’époque? Eh bien, vous z’avez raison. 😛

*

Et Fernand Leduc, lumineux Leduc. J’étais ébahie, ébahie de pouvoir VOIR la lumière sur une TOILE.

C’étaient des chants de lumières : bleus, gris, pourpres étaient les couleurs-lumières de la nuit divisées devant moi, c’était des champs et des chants entiers de pureté qui s’étendaient devant moi, face à moi. C’était un appel à la beauté, une voix d’or et de cuivre qui me couvrait toute entière, qui m’illuminait, m’offrant un voile intouchable mais tangible qui avance normalement trop vite pour l’être. Ce n’était pas une capture de la lumière, comme une photographie, c’était plutôt une porte vers elle, une fenêtre grande ouverte sur l’infini, sur un univers intense de poussières d’étoiles.

*

Parc des Champs-de-Bataille, Québec, Québec

Hier, y faisait frette.
Pis j’avais envie d’écouter un film.
Quelque chose de léger.
Je voulais rire, aussi.

Hmmm….. on pourrait louer L’ère de glace
Argg, je l’ai vu trois fois!
Oui, mais pas moi!
Hey, y’a Nos voisins les hommes
Ouuuuais!

Quelle merveilleuse satire!
La banlieue est dépeinte d’une façon tellement exagérée.
‘Voyez, le nouveau quartier c’t’un quartier avec des maisons toutes pareilles, toutes au gazon ultra vert, toutes parfaites, quoi!

Y’a une folle qui veut tuer tous les animaux. Pis des scouts. Pis un exterminateur. Et surtout, un ours. Et d’la bouffe humaine.

Bref, une histoire simple avec des sous-entendus pas subtils du tout!
Rigolo autant pour les enfants que pour les adultes, mais pas pour les mêmes raisons!

VF de Over the Hedge