Même si mon premier post sur ce tout nouveau – et, je sais, un peu silencieux – blogue était censé concerner ma récente lecture d’une quantité hors normes de romans Harlequins, je triche. Nouvellement Usitaire en Lettres, je me tape présentement une quantité peu commune de bouquins fichument intéressants (d’ailleurs, récemment, à un questionnaire, pour mesurer mon degré d’intellectualisme on m’a demandé: «Combien de livres lisez-vous par an?» Et la catégorie la plus grande était «Plus de 9». J’ai suffoqué. Mais je m’écarte) et dans ma liste se trouve le recueil complet des Poésies de François Villon.

En fait, j’ai même pas encore fini de lire le recueil. En fait, je ne suis pas encore rendue à la page 25. Je triche doublement.

Mais je confesse: je suis déjà amoureuse complète de cette poésie mordante. Je cite:

Item, à maître Ythier Marchant,
Auquel je me sens très tenu,
Laisse mon brant d’acier tranchant
Et à maître Jean le Cornu,
Qui est en gage détenu
Pour un écot sept sols en montant;
Je veul, selon le contenu,
Qu’on leur livre… en le rachetant.*

Comment ne pas se pâmer devant ces vers pinçants? Comment ne pas rire, seule, dans l’autobus? Comment ne pas avoir envie de trouver encore et encore des traits mordants, des injures, etc. tous contenus dans ces petits vers simplets? Comment ne pas avoir envie que tous sachent que Villon a existé? Hm?

Je savais.

Vous le lirez, dites?

Édition recommandée: chez GF, édition bilingue de Jean Dufournet.

*Traduction: «Item, à maître Ythier Marchant, envers qui je me sens très obligé, et à maître Jean Le Cornu, je laisse mon épée d’acier tranchant, qui est retenue en gage pour une dette se montant à sept sous; je veux, selon l’engagement, qu’on la leur livre… à condition qu’ils la rachètent.»

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